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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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11 Phrase longue

Christina : Phrase longue

Posté le 31.01.2007 par clameurs
Jet d’écriture

Un seul jet, vite !… je dois l’écrire, sinon cela va m’échapper et après, il sera trop tard, je me serai dérobée ; je ne saurai plus quel était le fil de ma pensée, j’aurais oublié et il me faudra recommencer les mêmes attitudes de repli, les mêmes frustrations, les valses hésitations, les actes manqués, les frôlements, les évitements, les faux airs de ne pas y toucher,… car il faudra bien que je m’y frotte à ces démons, tout laisser filer mais jusqu’où cela m’entraînera-t-il ?
Et si je prenais une feuille, rien qu’une feuille pour noircir quelques mots, marquer cette feuille de mon empreinte, quelques griffures rageuses, des arabesques venant illustrer le temps qui passe, ponctuées de quelques points d’orgue, puis qui repartent de plus belle sous ma plume courant de plus en plus vite, plus incisive encore, déroulant ces pensées et ces mots qui n’en peuvent plus d’être dans ma tête ; quoique… s’il le fallait…, ce serait tellement plus simple et plus confortable de tout mettre dans une boîte, de tout ranger dans de petites cases bien cartésiennes, histoire de tout contrôler, de ne plus rien sentir, d’anticiper, de prévoir, bref, de savoir en un clin d’œil ce qui se passera tout à l’heure, demain ou dans une heure, parce que tout aura été programmé et prévu d’avance ; mais non , le plaisir est là, celui de voir courir sa main de gauche à droite, cette main qui se laisse guider par la plume au bout de laquelle se jettent les émotions, petites et grandes, glorieuses ou moins avouables, mais sans composition, livrées à l’état pur…quelques espaces de temps laissés pour relire ce qui a été noirci avec ma plume et me voilà repartie pour un nouveau rodéo de pensées qui atterrissent pêle-mêle sur ma feuille de couleur jaune soleil…Lumineuse écriture, quel plaisir ai-je à prendre ma plume, histoire de me poser quelques instants, de savourer ce moment où l’on peut s’accorder, libérer ses « trop pleins », combler ses « trop vides », trouver à la fois refuge et tremplin vers un ailleurs sans limites et riche de nouvelles émotions.

Didier : phrase longue

Posté le 19.12.2006 par clameurs
UNE PHRASE D’ECRITURE :

Inde août 1989, j’avais acheté la semaine précédente à New Dehli chez un vendeur ambulant de Connaught place, un petit cahier de feuillets jaunes reliées par une mince ficelle blanche, entourées d’une couverture rouge légèrement en relief, un cahier tout ce qu’il y a de plus indien, qui avait du me coûter quelques dizièmes de roupies tout au plus, et qui devait devenir le réceptacle de toutes les émotions de mon voyage, un cahier que je venais de sortir de la poche extérieure de mon sac à dos et que j’ouvris avec précaution, comme une relique qu’il n’était pas encore devenu, dans ce train de nuit qui me menait à Jaisalmer, cette ville autrefois si prospère et désormais soumise aux assauts répétés du désert du Thar, ville mystérieuse dans laquelle je me promettais déjà d’engloutir mon imagination, ville qui allait j’en étais persuadé m’inciter à remplir des pages, des pages et des pages de mon merveilleux petit cahier jaune que j’avais à présent ouvert à la première page, encore vierge de toute impression, et dont j’allais dans un instant déflorer l’intimité, souiller la magie immaculée, par mon écriture saturée de ratures, non ce n’était pas possible, j’allais m’appliquer, il fallait que je m’applique pour ne pas rater cette toute première page, celle qui allait donner le ton à toutes les autres, et pendant que défilait à travers la vitre du train le paysage encore urbain des faubourgs de Dehli, j’étirai mon grand corps ankylosé sur la banquette de 2ème classe qui consacrait ma liberté , liberté d’un jeune homme sans attaches partant vers l’inconnu, vers ce désert dont on apercevrait bientôt les premières tâches, d’abord sporadiques, émergeant d’un tissu de maisons de plus en plus éparses, puis gagnant peu à peu du terrain , au rythme où le jour se lèverait, un aurore que j’avais déjà envie de décrire comme le symbole d’une vie nouvelle qui soudain, miracle, s’était mis à défiler dans ma plume, ma plume qui courrait désormais comme un torrent, le long du papier jaune, s’enflant au rythme du Dehli- Jaisalmer dont la vitesse faisait maintenant vibrer le tôle du wagon tout entier, m’obligeant à maintenir d’une main fiévreuse la couverture rouge du cahier tandis que l’autre s’évertuait à rattraper le fil de mes pensées, pensées à l’instant détournées par la vision lointaine d’un buffle tirant à l’horizon une antique charrue, menée par un indien dont la silhouette grêle m’inspirait quelque nouvelle pensée, l’histoire de cet homme qui ce soir rentrerait épuisé dans son logis, et dont je me surpris à décrire le dîner frugal dans mon petit cahier jaune qui s’était donc arraché à l’histoire de son propriétaire et, victoire de l’Inde éternelle, recueillait désormais la vie de Gupta, le petit paysan du Rajasthan ;

François : phrase longue

Posté le 18.12.2006 par clameurs
Un moment d’écriture

L’image s’imposait presque toujours immédiatement, avec des contours déjà très précis que je n’avais plus qu’à colorer, ou à munir du détail qui rendrait la situation, l’objet ou le personnage plus réel, et je ne me posais quasiment jamais la question de savoir où allait m’emmener mes doigts sur le clavier, vers quel portrait de quel personnage de quelle époque, toutes circonstances qui ne manquaient pas d’apparaître au fil des mots sur l’écran, ces mots, ces phrases, qui en appelaient d’autres enveloppés d’une nouvelle musique, d’un nouveau parfum que je prenais plaisir à qualifier, toujours à l’affût de la comparaison qui tue, de l’antiphrase révélatrice, de l’allitération alléchante à l’allure d’aile, attrapant parfois le dictionnaire pour trouver l’exacte orthographe du mot rare (un p ou deux à « apostasie »), ne renonçant jamais, et ça je le ressentais plutôt comme un travers, au jeu de mots, laid bien sûr, à la métonymie approximative, tant ce tour d’esprit qui s’était petit à petit familiarisé, avait envahi mon esprit, ma pensée, et jusqu’à mes doigts qui parfois pourtant pressaient simultanément et presque rageusement les touches ⇑ (Majuscules) et F7 qui me délivraient les synonymes les plus juteux, me libérant de l’angoisse de la répétition, de la redite, du radotage, ou de la juxtaposition de syllabes malsonnantes (ah ! le fameux « car quand on » dont ma grand’mère, ancienne institutrice, m’avait très tôt signalé le danger euphonique !) ou bien me prenant par surprise vers des horizons insolites que j’hésitais la plupart du temps à tout de suite aborder, me réservant pour de futurs débordements, mais que je notais soigneusement dans un dossier que j’avais baptisé « coffre », véritable caverne d’Ali Baba que j’étais le seul voleur à remplir de joyaux, de bijous (un s, ou un x, bijou au pluriel ? bijou, caillou, chou … c’est bien un x) donc, bijoux de pacotille chatoyante, ou de trésors sans prix que je me proposais un jour ou l’autre de sertir sur des montures dont le métal était encore à découvrir, ou à enfiler comme des perles en choisissant minutieusement l’ordre des couleurs et des formes, ne lésinant pas sur l’accumulation des qualificatifs, l’incongruité des juxtapositions, les heurts de vocabulaire, du plus cru au plus choisi, du plus neutre au plus coloré, ne chipotant jamais sur la ponctuation, l’art ultime de l’orfèvre de la phrase que j’ambitionnais de devenir.

Maryse : Phrase longue

Posté le 10.01.2007 par clameurs
Un joli matin bleu de début d’été lavé et propre, il sétait endormi tranquille,ses résolutions étaient prises.
J’ai trouvé l’incipit j’en trouve pleins des débuts sans fin Miss Prologue je m’appelle, l’effort est là le stylo,le papier et les mots se bousculent, je les oublie , les écrire tout de suite les écrits restent, me relire c’est lire mes manques et si je reste le bic en l’air dans mon cerveau invertébré se forment des images et le stylo reprend sa course sans ratures et dans un deuxième temps ce sera une relecture et la déception, le rejet la remise en cause le mépris corbeille et je me dis qu’au lieu de choisir mes mots j’abats des arbres, virtuellement vous comprenez j’abats, des arbres des montagnes d’arbres pour un mot mal choisi en aval et ma course vers l’amont d’où dégeulerait une rivière de mots où un delta s’ouvrirait comme un papillon lettré, des mots qui se transformerait en pages, de ces pages naitraient un livre que jamais je ne saurai lire, le but véritable n’est pas de se relire mais de recréer encore des mots qui de leurs propres cendres renaitraient comme encore le papillon de sa chrysalide elle-meme sur le fameux arbre et sa naissance est éphémère comme la sensation d’écrire quand le cœur bat, j’entends ses battements réguliers et cogneurs je suis la seule à le savoir et la main gauche du meme coté que la machine qui bat et tacle, la main est calme et tranquille le poing refermé sur lui-meme, la droite agit court, elle écrit, la fascination toujours pour ce cerveau qui décide, ordonne, l’obéissance courtisane de la main qui couvre le papier, le cerveau qui impulse comme le sang qui sourd et parcours les veines en circuit fermé pompant et repompant et mon rire devant les mots pompant pimpant pimpon et je dérive ver les pompiers les arbres que je voulais protéger et cela dérive vers d’autres connexions, arrêt de metro ou changement vers Auber ou Havre Caumartin il faut que je ressaisisse mon matin bleu.

Robert : Phrase longue

Posté le 08.01.2007 par clameurs
Ecrire :
Il y a comme un moment où la pression monte : une vaste tempête d’impression, un besoin irrésistible où rien de concret n’existe, un moment où il n’y a que le vide. Et puis, tout d’un coup, alors que rien n’est prêt, ni le décor, ni les acteurs, ni le monde qui m’entoure ; comme pour une course de 400 m, à la seconde avant le coup de pistolet, quand dans les starting blocks tu fais le vide dans ta tête pour mieux te concentrer, alors …
Comme l’avion se pose, le stylo affolé court sur la feuille blanche en essayant de suivre ma pensée débordante, excitée, exaltée qui me prend lorsque la bousculade commence dans mon cerveau enflammée à l’idée de raconter l’histoire de gaspard qui lui est calme, puis surpris, un peu bête dans l’aéroport, avec son nounours dans les bras, plein de billets et lui qui ne le sait pas encore mais moi qui en rit car je connais la fin de l’histoire qui s’entasse dans ma tête pour passer comme dans un entonnoir de ce stylo lent comme une vieille tortue épuisée qui prends le temps de coucher les mots en belles lettres alors que Gaspard déjà risque sa vie et devrait courir vite se mettre à l’abri, car j’en ai besoin, car, s’il meurt l’histoire va s’arrêter, alors il faut qu’il soit fort, intelligent ou du moins assez malin pour semer ses poursuivants et me donner une chance de le sauver et lui donner l’opportunité de gagner tant de fric qu’il va pouvoir retrouver Kanine dans son voyage en Egypte dans le prochain chapitre et s’il n’y a pas assez d’adjectifs, ce n’est pas grave car je les rajouterai après, à la seconde écriture quand les phrases seront posées prêtes à les recevoir dans leurs bras grands ouverts pour compléter l’histoire de cette homme idéal qui n’est pas James Bond mais quand même le vainqueur, le contraire de la médiocrité du péquin habituel que je ne souhaite pas représenter de ma plume qui est un stylo et me permet de raconter une aventure particulière où l’on gagne de l’argent sans travailler, sans jouer au loto, sans spéculer sur la bourse ou les matières premières mais en récupérant l’argent qui n’intéresse personne et me permettre enfin de terminer ce chapitre et me donner cette espèce de bonheur qu’une histoire simple et bien balancée offre à l’homme qui se pose ENFIN en avion avec à la main un stylo presque vide et un papier noirci de caractères qu’il faudra recopier pour les rendre lisible.

Suzanne : Phrase longue

Posté le 30.12.2006 par clameurs
Un moment d'écriture, d'une seule traite...

Je tourne, je tourne dans ma tête et dans ma maison car j'ai une heure devant moi et une heure c'est précieux car j'ai rarement une heure comme ça au calme et tant de choses à faire, la relance clients, les factures, les papiers, le site Internet, la sieste, les courses, la cuisine, la prochaine mission à peaufiner, un conte à préparer, un coup de fil à passer, à mes parents – ça fait longtemps que je ne les ai pas appelés – à mes grands-parents, ma grand-tante ou ma meilleure amie mais aucune de ses propositions ne me paraît bonne et voilà qu'arrive mon noeud à l'estomac et puis l'envie d'écrire, cette envie de me poser, de m'installer, de noircir des pages parce que c'est vrai, ces instants d'écriture sont précieux, tellement aux antipodes de ma vie où il faut produire et agir, agir et produire, performer et agir, prévoir et organiser, analyser et rééquilibrer et c'est vrai, ces moments de calme, de pause, de moi avec moi, de rien à clarifier, justifier, de rien à expliquer, prouver, des moments d'émotion, de rêve, de bonheur, alors oui, cette heure déjà grignotée à tergiverser, je vais l'utiliser à écrire, écrire, oui mais, sur papier ou sur PC parce que je suis séduite par le papier, l'encre, les pages qui se noircissent et je rêve d'un beau cahier bien rempli, d'un carnet de vie, d'un carnet de voyage où je collerai des morceaux de vie, des photos, des images et si seulement je savais dessiner, je ferais un carnet de voyage de vie ou un carnet de vie de voyage ou encore, tiens, comme Etty Hillesum, un carnet d'impressions et d'ailleurs, des carnets j'en ai tant qui m'attendent, de toutes formes, tailles, couvertures avec des débuts de projets, arrêtés en cours de commencement par manque de temps, de régularité, d'énergie alors finalement, je m'installe devant mon PC, je l'allume, je ferme les volets car le soleil tape sur l'écran et je ne vois rien, je branche mon caque, j'ouvre e-tune et je mets le casque sur mes oreilles pour ne pas entendre le bruit des ouvriers qui s'agitent dans ma maison, j'ouvre WORD et me voilà devant ma page blanche et qu'est-ce que je vais écrire, une histoire, une histoire pour les filles, tiens oui, une histoire pour les filles, prendre un mot au hasard, un mot qui se présente, « glycine », c'est joli « glycine », laisser l'image monter, sentir la consistance, l'odeur, l'atmosphère, la direction, partir au hasard, attraper l'histoire, ça y est j'en tiens un bout, alors vite, créer une play-list musicale adaptée et se mettre à écrire d'un flot, d'un jet, écrire le film qui se déroule dans ma tête, repasser 10 fois la même chanson quand c'est opportun, rire, pleurer, pleurer, s'émerveiller, combattre, unir, désunir, danser, hurler, menacer, rire, jouer car possible, tout est possible et j'écris, j'écris et je relis au rythme de la musique et je corrige, rectifie, et je relis depuis le début encore et encore, corrige, défais une phrase, la reforme à l'identique, la tords, la supprime et la remets, cherche un mot haletante, je le sens, il est là, 20 mots fusent de ma tête mais non, je ne les veux pas, ça y est j'ai attrapé le bon, je me sens soulagée et je repars, j'écris encore, étoffe un passage, précise un autre, observe la transition, relis depuis le début toujours au rythme de la musique et repars et j'écris, j'écris, j'écris, jusqu'à être essoufflée, jusqu'à plus de jus, plus rien, du vide, de la fatigue, je me sens dans un état second, les oreilles qui bourdonnent, la vue un peu trouble, l'esprit qui flotte comme quand on sort du cinéma et je regarde ma montre et je vois que j'ai écris pendant 2 heures, merde 2 heures, j'avais qu'1 heure, quelle conne et je mesure tout ce que j'aurais dû faire pendant cette heure envolée, perdue à jamais et voilà mon noeud qui revient et vite j'enfile mes chaussures, mon manteau, mon écharpe, prends la laisse du chien, le sac en plastique pour ramasser sa crotte et je cours, je cours vers l'école des filles car il est déjà 18 heures et je pense à tout le temps qu'il me faudrait encore pour arriver au bout de mon histoire et je me dis encore une histoire inachevée, encore un mort-né et j'imagine que ma maison est un cimetière à histoires non nées mais un jour, c'est sûr, j'écrirai!
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