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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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10 Le monologue interieur

Ariane : Monologue intérieur

Posté le 19.12.2006 par clameurs
MONOLOGUE DU VIEUX POTE

Elle vient de m’arriver Mathilde, complètement hagarde , le cheveu détrempé , toute seule, sans crier gare alors que j’étais bien tranquille chez moi –
Mathilde est revenue comme dans la chanson du grand jacques et tu parles d’un cadeau
Elle a sonné à ma porte et je n’ai pas pu faire autre chose que d’ouvrir
Elle a même pas pris la peine de téléphoner avant pour prévenir
Ce n’est pas trop son genre d’arriver comme cela

Quand je l’ai vu là, en larmes, toute de pluie vêtue, je me suis dit qu’il s’était passé quelque chose de vraiment grave et j’ai pensé à mon pote marc –un accident, un truc comme cela –
UN DRAME quoi vu son état
-- je comprenais pas très bien ce qu’elle venait faire chez moi à cette heure là surtout que je la connais pas beaucoup – pas très bien en quelque sorte – en plus , elle hoquetait tellement que je n’ai pas réussi à comprendre tout de suite le fin mot de l’histoire

Bon ,
Maintenant elle est là , assise sur le canapé du salon et j’ai l’impression d’avoir ouvert ma porte à une sorte de zombie sortie tout droit d’un roman de science fiction –
En plus elle est tellement trempée de partout qu’elle a foutu de l’eau partout dans la pièce et que je vais en prime me faire engueuler par ma mère quand elle rentrera –
Pas souvent là ma mère ! mais quand elle est là, elle passe son temps à râler et à me prendre la tête avec mes copains qui envahissent l’appartement-
Bon tant pis on verra bien
Pas un problème ça

Voilà,
Bon y a pas d’accident
Marc est vivant mais cette nana commence à me fatiguer avec ses hoquets qui ne s’arrêtent jamais et lui mais quel con
Mais quel con, merde alors, manquait plus que ça que je me retrouve avec sa copine qui n’arrête pas de gémir pendant que lui est on ne sait ou et qu’il s’en fout –
Remarque --- pas trop moche la Mathilde , en moins détrempée et les yeux un peu moins rouges ça pourrait passer –
C’est pas le moment de penser à des trucs de ce genre là
Un peu déplacée comme idée
Mais bordel quoi faire là, ai rien demandé moi à personne, j’étais bien cool et il faut qu’elle arrive pour me beugler dans les oreilles
Peux pas la virer quand même


Marc j l’vois plus depuis des semaines – aux abonnés absents le grand copain , jamais disponible – et maintenant voilà que je récolte sa copine
Bon elle me plaisait bien au début même si elle est un peu collante parfois – mais marc – bien plus beau que moi, alors l’autre elle a craqué et maintenant voilà le résultat
Et moi suis toujours là pour jouer les grands consolateurs
Faire dans le social
Aider les autres
Et merde alors
Si ma mère rentre , je sais pas ce que je vais raconter
Pourvu qu’en plus elle s’énerve pas contre la nana et qu’elle la mette dehors – serais vraiment mal – caractère difficile ma mère – supporte pas mes copains mais encore moins mes copines

Ça craint un peu toute cette putain d’histoire –

Bon et la c’est de pire en pire, j’te chiale comme un saule, chutes du Niagara garanties et du sur mesure en plus, messieurs dames, chacun son tour pour le spectacle
Bon pas vraiment le moment pour déconner mon p’tit pote – l’heure est grave
Pas trop besoin de faire de l’humour
Faut dire quelque chose d’intelligent là pour arrêter cette fontaine
Trouver un truc n’importe lequel
Tiens pourrais lui dire
Dix de perdu un de retrouvé, je suis la moi Mathilde --- on sait jamais après tout
Dès fois que cela marche
ou encore
Un clou chasse l’autre --- non
Trop nul, nul et encore nul
La elle va mal le prendre
C’est sur

Alors il reviendra, oui tiens il reviendra sûrement

Ouais sauf que c’est pas la peine de balancer une connerie pareille, il reviendra pas du tout, je le connais bien

Je pourrais lui passer le disque la ou le mec il chante un truc du genre « faut pas pleurer comme cela, aujourd’hui c’est pour toi que nous sommes venus--- et tout le bazar «
Le mettre discrètement sans la prévenir
Ca détendrait peut être l’atmosphère
Bon encore plus nul
Sais pas

Y’a le téléphone qui sonne maintenant, c’est pas le moment --- ce doit être ma mère pour savoir si j’ai trouvé de quoi bouffer dans le frigo
Toujours derrière mes basques comme si j’avais 4 ans
Bon je réponds pas, tant pis
Elle rappelera

Raz le bol mais quel con ce mec il pouvait m’épargner ce merdier – c’est peut être lui finalement qu’a appelé
J’aurais du répondre tiens et le mettre face à ces conneries
Bon trop tard
Mais mon pote t’es vraiment très très con et en plus très très salaud parce que cette nana en fait elle est vachement bien
J’ai envie tu vois juste maintenant de te coller un coup de poing droit dans ta jolie tronche pour que tu comprennes
Après tout , t’avais qu’a me la laisser

C’est une furie ohlllaaaallaaaa
Tiens je vais faire une chose
M’asseoir à côté d’elle et me taire une fois pour toute, me la fermer définitivement , ne rien dire
Je pense qu’elle est un peu bizarre quand même, folle , sur de chez sur, folle à lier
Marc c’est quand même pas appolon , merde
A ce point là --- pas de quoi en faire toute une histoire
Faudrait que j’appelle les secours, peut être si elle continue comme cela
Pas envie qu’elle me fasse le coup du suicide
J’imagine la tête de ma mère
Mathilde allongée dans le salon avec les pompiers autour
Ça craint de plus en plus
Peux rien faire moi

Laisser faire, passer l’orage , calme toi ma petite biche, n pleure plus
gare saint Lazare, tu parles , je t’en foutrais moi de la gare saint Lazare -- plantée là elle arrête pas de dire et toi barré, volatilisé et elle toute seule et tac
reviendra pas

Vachement courageux mon pote ---
Ridicule
Rien demandé moi
Je m’en fous de cette nana – pas besoin de l’avoir sur le dos -
Bon silence – je me tais et j’attends


Tiens encore le téléphone
C’est une manie
La porte s’ouvre
Putain , c’est ma mère qui revient

Alors là mon pote, je vais te le coller mon poing dans la figure pour de bon au moins une fois dans ma vie .
Te le coller le plus fort possible
Parce que ta Mathilde moi

J’en veux pas chez moi etc …..


26 novembre 2006

François : Monologue intérieur

Posté le 18.12.2006 par clameurs
Mince, je dois avoir un petit caillou dans la chaussure. Pourvu que ça file pas mon bas !
Bon, d’abord m’éloigner un peu de ce fâcheux qu’arrête pas d’essayer de me draguer. « Oh, vous savez, MOI … ». Va-t-il me lâcher la jambe. Je vais le mettre dans les pattes de la pharmacienne.
Ca y est. Ouf.
Aller m’asseoir discrètement devant le jeune homme timide. Soulever le talon. J’agite le pied, mais ça ne sort pas. Qu’est ce qui va penser le petit jeune ? Oh et puis j’m’en moque ! Tant pis.
Et puis maintenant que je suis assise, ça ne me gène plus. Je reverrai ça plus tard. M’éclipser tout à l’heure à la pause. Où sont les toilettes. Ah oui, j’me rappelle. Au fond du couloir à gauche, comme toujours. A moins que ce soit à droite. On verra bien.
Et ça papote, et ça papote. Quelle petite sotte. Bien la fille de sa mère, celle-là !
J’crois pas que Jean va finir par arriver. Sûrement encore une urgence ! Ou, peut-être sa grue.
Qu’est-ce que c’est que ce pingouin ? Ah, mais oui, le pianiste. Quel air suffisant ! Et la pauvre violoniste ; pauvre, c’est le cas de le dire. Doit pas rouler sur l’or à voir sa robe de concert.
Le p’tit jeune derrière moi. Ce regard. Il m’avale des yeux, ma parole. Me retourner vers le piano. Pas lui montrer que j’l’ai repéré.
La musique. Essayer de bien écouter, pour essayer de dire quelque chose de pas trop idiot tout à l’heure au buffet.
Mais le gosse. Ca alors, je sens son haleine sur mon cou. Incliner la tête. Paraître très absorbée, pleine de la musique. La, fausse note. A moins que ? Avec Fauré …
Tout de même. Il pourrait être mon fils. Non, tout de même pas. Quel âge ? 15 – 16, pas plus. Avait l’air plutôt timide ; je risque rien à un peu de coquetterie.
Si j’calcule, j’l’aurais eu à 14 ans. Ba, c’en était pas si loin.
Décroiser les jambes. Un petit geste de la tête pour renvoyer mes cheveux sur l’épaule. La lumière doit être pas mal sur mon collier.
Ne pas me retourner. L’ai jamais vu ici. Tout à l’heure j’essaierai de savoir qui c’est.
Applaudir ou pas ? J’ai pas compté le nombre de mouvements. De toutes façons un peu de retenue. Ah, ça y est, il se lève, ils ont fini. Clap, clap, clap. Pas vraiment l’enthousiasme.
J’vais tout de même pouvoir un peu bouger. Un regard par derrière. Hop, il détourne rapidement le sien, mais je suis sûre qu’il ne m’a pas quittée des yeux. Osera-t-il m’aborder ? Et moi ?
Peut-être bien le fils de Colette. Elle lui aurait refilé son invitation ?
Et puis quelle importance.
C’est tout de même flatteur !
« Oh oui, je l’ai par Menuhin … »
Où j’ai mis le programme ? Mince, j’suis assise dessus. Prochain morceau ? du Gounod, tiens, j’savais pas qu’il avait écrit pour violon.
Et le jeune ? Coup d’œil. Un peu boutonneux, mais gueule plutôt sympa.
Ah, voilà Jean, lui faire signe.
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