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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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09 Premieres fois

Ariane : Première fois

Posté le 19.12.2006 par clameurs
Gare saint lazare

Gare saint Lazare --- Mathilde se souvient de ce soir là, entre chiens et loups quand l’obscurité commençait à descendre sur Paris
Sans doute en automne, peut être fin octobre , où le début d’un mois de novembre déjà frileux
Chaussée glissante, feuilles qui tourbillonnent , il est possible qu’il se soit mis à pleuvoir de ces larmes là qui ne s’oublient pas même quelques décennies plus tard

Gare saint Lazare , face à la bouche de métro avec ces escaliers trop raides
Celle qui se trouve juste face à la grande horloge
Paris qui s’illumine et ces voyageurs pressés qui s’engouffrent et ressortent des entrailles de la terre pour aller prendre quelque train en partance ou à l’arrivée d’une ville fantôme
Mathilde était là, ce soir là , debout
Les escaliers deviennent de plus en plus flous comme si la brume venait de tomber, paris dégouline à présent et le quai est désert, déserté – le train vient de s’arrêter

Il n’y a plus de brume et peut être si peu de pluie
Juste Mathilde et marc, seuls au monde , en automne, face à ce métro idiot avec en arrière fond le bruit lointain des essieux sur les rails , sorte de grincement sans fin gémissement lancinant qui ressemble un peu à ce qui se passe ce soir là dans la tête de Mathilde -

17 ans à peine
Mathilde n’a que 17 ans
Regard qui se voile, et ce chagrin immense qui vient d’éclore, si peu perceptible et qui soudain submerge, asphyxie , paralyse étouffe …., la soulève de terre pour la transporter très loin , très loin de ce monde là qu’elle voudrait soudain quitter , ne plus voir, ne plus entendre

L’apocalypse ne doit pas être loin-

Marc un peu plus de 19 ans --- pas tout a fait adulte mais déjà si grand, si fort, si tout --- rue de rennes , la haut sous un toit de paris ; chambre de bonne si petite et des milliers de lumières irisées qui éclataient dans leurs têtes à tous les deux – les dessins de marc étalés sur les murs et des tas de couleurs jetées de ci de la sur d’immenses papiers-
Tout seul déjà dans la vie, dans sa vie – cheveux longs et un peu hirsutes – un peu baroudeur , un peu artiste et poète à ses heures
Baudelaire et ses chats qu’il récitait sans cesse et qu’il lui dédiait, Léo ferré
---- avec le temps oui tout s’en va --------
révolution qu’on dessinait dans nos têtes pour réveiller le monde et auxquelles on croyait tellement fort
Londres l’été dernier et la verdure de picadilly qui brûlait de soleil –
Londres était alors devenu magique
Marc était venu la rejoindre sans même qu’elle l’attende pour repartir ensuite –
Comme toujours
repartir

Aujourd’hui ça fait mal , et même l’horloge immense de la gare saint lazare vient d’arrêter sa course folle –

« oh temps suspends ton vol « ….. » chuchote une voix dans sa tête – fige cet instant, juste ce moment là où il est encore là, comme statufié, enveloppé dans un espèce de manteau noir immense et un peu bizarre – fixe cet instantané pour que jamais cela ne s’arrête – ce regard là et ces mots là –

Mathilde c’est fini -


17 ans--- premier amour et ce chagrin immense –
cheveux emmêlés, ruisselants de cette pluie qui vient sûrement de redoubler, face à la bouche de métro –
envie de hurler et son silence qui résonne dans la tête de Mathilde , en rythmes décousus , silence ininterrompu, le vide qui se fait et la bouche de métro qui se volatilise-

marc va le prendre, ce putain de métro , là dans quelques minutes pour ne plus jamais revenir –
l’aiguille de la grande horloge va se remettre à tourner lentement –
il est descendu par le grand escalier et n’a pu faire qu’un dernier signe irréel à la gamine plantée là , signe de la main, signe d’au revoir , geste de tous les jours –

le métro s’est alors éloigné du quai -


21 Octobre 2006
26 novembre 06

François : première fois

Posté le 18.12.2006 par clameurs
J’avais soigneusement brossé mon « habit du dimanche » (qui devait être mon premier complet deux pièces) et dix minutes avant l’heure indiquée sur le carton je sonnais à la porte de cette belle demeure bourgeoise du quartier chic de T. Ma mère qui connaissait ma passion naissante pour la musique de chambre et qui avait reçu (n’étais-ce pas une erreur, car elle, elle ne s’y intéressait pas vraiment) cette invitation à un concert privé chez un notable (je crois me rappeler qu’il s’agissait d’un avocat) mélomane connu de la ville.
Et j’avais modestement trouvé un siège au dernier rang, alors que le grand salon où l’on avait soigneusement disposé autour du piano canapés, bergères et fauteuils en sorte que chacun put au moins apercevoir les artistes, ce grand salon, donc, était encore à moitié vide et résonnait des conversations mondaines des premiers invités. Bien sûr, personne ne faisait attention à moi qui lisait minutieusement le programme peut-être pour la vingtième fois depuis que j’étais arrivé.
Enfin, le salon étant maintenant plein, les musiciens firent leur entrée : un grand pianiste très brun au sourire à la fois figé et carnassier et une petite violoniste entre deux âges, un peu boulotte dans une robe turquoise qu’elle avait vraisemblablement du faire récemment retailler.
A regret les conversations cessèrent et les mains claquèrent avec prudence : il ne fallait tout de même pas montrer trop d’enthousiasme alors qu’on avait pas encore goûté à la production de ce duo pas vraiment connu.
Et après quelques secondes de silence, la musique pénétra doucement le silence, comme si en définitive, elle ne voulait pas trop déranger.
Mais mes oreilles ne fonctionnaient déjà pratiquement plus. Tous mes sens étaient ailleurs, entièrement mobilisés, focalisés, exclusivement concentré dans le regard que je venais de poser sur la nuque de la femme assise devant moi.
La lumière très douce qui tombait de l’abat-jour semblait la caresser, cette peau naturellement plutôt claire, d’un léger pinceau doré. Et autant que la musique qui faisait comme une tendre enveloppe autour d’elle, cette lumière semant d’éclats les longs cheveux blonds flottant sur le côté de son cou, me transportait vers cette beauté féminine qui allait devenir la grande affaire de ma vie, avec, justement, la musique.
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