05 Marcher bord
Posté le 31.01.2007 par clameurs
«Le hasard fit que je me retrouvai en bord de mer, en train de marcher le long du rivage, lorsqu’un « quidam » vint à ma rencontre au volant de son hors-bord, arborant une fière allure et m’invitant à son bord pour me laisser griser par la vitesse de son engin.
Je respirai un grand coup de peur qu’il me fît marcher, virevolter et me précipita au bord de l’abîme, lorsqu’au hasard d’un virement de bord, un marsouin surgit au devant de l’étrave et nous fit l’invite de le suivre dans son sillage jusqu’ à épuisement de la machine, le hors-bord calant tant et plus pour se déclarer finalement hors d’état de marche.
Qu’est ce que ce qui ne marche pas, demanda le « quidam », soudain au bord de la crise de nerfs ?
Il tenta de nouveau de faire marcher son bolide infernal, mais ce fut peine perdue, et nous dérivâmes tant et plus vers une barrière de corail, au bord de laquelle se trouvaient des trésors enfouis depuis la nuit des temps.
Et si nous nous contentions désormais de marcher au gré des vents, suggérai-je timidement… ; le hasard fit que nous nous retrouvâmes sous une lune étincelante, faisant miroiter dans l’eau ses reflets hallucinants».
Posté le 22.01.2007 par clameurs
Au bord d’un gouffre vertigineux, trois silhouettes marchaient péniblement, petites ombres entrevues par hasard par l’homme qui m’accompagnait.
Qu’étaient elles venues faire sur ce petit sentier, dans le froid et le brouillard qui commençait à descendre lentement sur la vallée, et qui les enveloppait déjà depuis de longues minutes.
Courbées sous le poids d’un lourd fardeau, luttant contre le vent qui, là haut, souffle en rafales et empêche de respirer, elles progressaient néanmoins régulièrement, tendues vers un seul but, parvenir au sommet du col et basculer sur l’autre versant avant la tombée de la nuit.
Je les imaginais, trois petites bonnes femmes toutes menues et toutes ridées, venues cueillir sur ces montagnes les fruits rouges amers dont les hommes de la vallée raffolent, dans ce bourg himalayen où les lumières scintillent déjà faiblement au loin.
Elles portent des châles multicolores sur de longues robes noires informes, à leurs pieds des sandales usées par tant de kilomètres sur les sentiers.
Lorsqu’elles parviendront au village, après 2 heures d’une descente épuisante, elles déposeront sans mot dire leurs ballots dans les maisons déjà plongées dans l’obscurité et chacune à son tour, ira puiser une louche de soupe brûlante dans l’énorme marmite en fonte accrochée dans l’âtre, qui mijote déjà depuis plusieurs heures, préparée par les autres femmes du village.
Et ainsi ces mêmes gestes, répétés à travers les siècles par leurs ancêtres, se reproduiront une fois de plus dans le grand silence de la montagne ;
on ne leur demandera pas comment ça c’est passé, on se contentera de constater qu’elles sont là, on leur fera silencieusement une place autour du feu, et elles reviendront ainsi progressivement dans le monde des humains.
Posté le 19.12.2006 par clameurs
MARCHER ……. AUX BORDS …… PAR HASARD …..
Mathilde marche, en silence
Marche lente qui se fait parfois rapide, pour rattraper le temps perdu
Marche nuptiale --- les couleurs éclatent en des gerbes insolites
marche funèbre - --- l’instant se fige, immobile et glacé
Mathilde marche,
seule dans le silence
la nuit tombe …
le jour se lève …
les heures s’égrènent , minutes et secondes, course sans fin
les jours passent et s’étirent
printemps , automne , été hiver et tout recommence toujours,
succession infinie des saisons qui reviennent
les feuilles pleurent et leur chagrin immense tapisse les pelouses, la neige tombe, il pleut et soudain le soleil mord la peau, brûle et fait mal -
-Mathilde a 5 ans , 10 ans, 30 ans ---- 40 et bien plus encore
Mathilde grandit , vieillit ….
hurle sa vie
Mathilde rit , pleure , aime , souffre, attend,doute ,rencontre , espère et
Chute vertigineuses, le vide et plus rien
Et soudain là , tout près, impalpable , l’arc en ciel qui dessine ses pastels
Mathilde heureuse et tellement
amoureuse –
Mathilde violence et si seule, parfois, dans le noir
la vie …devant ….
Regard de biais dans le miroir pour guetter les marques du temps, à l’affût et en soupirant
Eh ben non ce n’est pas le tableau qui vieillit mais bien moi, c’est la vie ---
Dorian gray n’existe pas
Elle continue de marcher, sans jamais se lasser
A courir parfois, courir à perdre haleine pour essayer d’attraper cette ombre qui virevolte devant elle sans cesse, cette ombre qu’elle voudrait happer, bouffer, saisir mais qui lui échappe toujours, depuis tout ce temps
Mathilde ou es tu ?
Que cherches tu ?
Qu’attends tu ?
Ou vas tu ?
Mathilde a 5 ans, 10 ans, 30 ans et bien plus encore –
Au hasard des turpitudes de la vie, elle continue de marcher dans l’espoir insensé d’échapper à son destin ou de le dessiner, s’inventer des souvenirs, tourner les pages de son histoire et en écrire les chapitres. Les uns après les autres. Toujours plus loin
Un jour, Mathilde regardera derrière elle, tout ce chemin qu’elle a tracé ---
Printemps, été, automne hiver, la nuit et le jour, les secondes, les minutes et les heures continuent leur ronde infinie
Mathilde ralentira le pas de plus en plus
Sans doute s’arrêtera t’elle alors au bord d’un lac immense,gelé
ou à l’eau bleue sucrée , sous un ciel couleur turquoise
elle viendra alors s’asseoir un instant face à ce chef d’œuvre et prendra sa tête dans sa main avant d’oser lever les yeux .
Peut être croira t’elle à un mirage venu d’ailleurs ?
Peut être y verra t’elle le reflet de son visage ?
Peut être prendra t’elle le risque de s’y noyer –
Eclatera t’elle de rire ou se mettra t’elle à pleurer ?
Nul ne peut le dire
Mathilde restera là, Solitaire , assise et silencieuse sur les bords du lac à écouter letemps passer –
Elle saura que sa marche vient de s’achever