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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
23.05.2008
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François : Expansion

François : Expansion

Posté le 18.12.2006 par clameurs
Après Nanterre Préfecture la rame s’était arrêtée une nouvelle fois et brusquement les lumières s’étaient éteintes. Et puis c’était reparti. Peut-être 20m. Et à nouveau sans que la lumière ait été rétablie, un coup de frein brutal avait stoppé la progression du train. Ma valise-sac à dos commençait à me tirer sur les épaules et ma nuque à devenir douloureuse. Certains des voyageurs commençaient à râler grave et on sentait monter un énervement quasi palpable.. Surtout qu’en cette fin d’après-midi d’été la chaleur devenait insupportable dans le wagon immobilisé sous le tunnel et que petit à petit l’odeur piquante de la sueur venait chatouiller mes narines heureusement peu délicates. Mais ce qui m’inquiétait le plus c’étaient ces longues minutes de trajet supplémentaires, c’était cette aiguille qui ne cessait d’avancer au cadran de la montre, c’était l’inexorable écoulement du temps qui augmentait toujours plus le risque de rater à la gare de Lyon Bercy le train de nuit pour Florence où ma femme m’attendait.
La lumière revint et très lentement le RER s’ébranla. Une annonce grommelée avec un fort accent toulousain n’essayant même pas de nous donner une idée du retard prévisible, se contenta de nous parler d’un problème technique de signalisation. Qu’est-ce que ça pouvait bien me foutre, la cause du retard ?
Et puis ce côté oppressant de complète impuissance, et l’envie de faire taire tous ces cons dont les récriminations ne feraient pas avancer le train plus vite.
Et en plus aucun moyen de la joindre !
Son portable ne marchait pas à l’étranger et elle-même devait être en ce moment en route dans un car sur les routes de Toscane.
Mais ça n’avançait toujours pas plus vite. Comme si le frein n’avait pas été desserré.
Qu’est-ce que j’allais faire ? Descendre à la prochaine station et me précipiter sur un taxi avec une grande probabilité à cette heure de pointe d’être maintenant bloqué dans les embouteillages. Me renseigner s’il y avait encore un vol qui me fasse arriver à Florence a vant le début de la matinée ?
Ou bien tout simplement m’abandonner comme bien souvent au cours des choses, à ce que parfois bien pompeusement « la destinée ». « La destinée, à quoi ça tient, on n’en sait rien, rien, rien » commençais-je à fredonner intérieurement, « la destinée, à quoi ça tient, on n’en sait rien ! ».
Et tout d’un coup tout mon énervement se dissipa. Et bien, oui (comme aurait dit De Gaulle, me dis-je avec un sourire pas seulement intérieur, sourire qui eut le don d’interloquer visiblement mon voisin d’infortune), j’allais laisser faire. Et puis, quoi ? J’y pouvais rien, non ? On allait bien voir.
Et le train commença à reprendre une vitesse plus normale, plus habituelle. Après tout, vu l’heure, en courant dans le couloir de Bercy, je devrais tout de même y arriver.



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