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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
23.05.2008
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François : Monologue intérieur

François : Monologue intérieur

Posté le 18.12.2006 par clameurs
Mince, je dois avoir un petit caillou dans la chaussure. Pourvu que ça file pas mon bas !
Bon, d’abord m’éloigner un peu de ce fâcheux qu’arrête pas d’essayer de me draguer. « Oh, vous savez, MOI … ». Va-t-il me lâcher la jambe. Je vais le mettre dans les pattes de la pharmacienne.
Ca y est. Ouf.
Aller m’asseoir discrètement devant le jeune homme timide. Soulever le talon. J’agite le pied, mais ça ne sort pas. Qu’est ce qui va penser le petit jeune ? Oh et puis j’m’en moque ! Tant pis.
Et puis maintenant que je suis assise, ça ne me gène plus. Je reverrai ça plus tard. M’éclipser tout à l’heure à la pause. Où sont les toilettes. Ah oui, j’me rappelle. Au fond du couloir à gauche, comme toujours. A moins que ce soit à droite. On verra bien.
Et ça papote, et ça papote. Quelle petite sotte. Bien la fille de sa mère, celle-là !
J’crois pas que Jean va finir par arriver. Sûrement encore une urgence ! Ou, peut-être sa grue.
Qu’est-ce que c’est que ce pingouin ? Ah, mais oui, le pianiste. Quel air suffisant ! Et la pauvre violoniste ; pauvre, c’est le cas de le dire. Doit pas rouler sur l’or à voir sa robe de concert.
Le p’tit jeune derrière moi. Ce regard. Il m’avale des yeux, ma parole. Me retourner vers le piano. Pas lui montrer que j’l’ai repéré.
La musique. Essayer de bien écouter, pour essayer de dire quelque chose de pas trop idiot tout à l’heure au buffet.
Mais le gosse. Ca alors, je sens son haleine sur mon cou. Incliner la tête. Paraître très absorbée, pleine de la musique. La, fausse note. A moins que ? Avec Fauré …
Tout de même. Il pourrait être mon fils. Non, tout de même pas. Quel âge ? 15 – 16, pas plus. Avait l’air plutôt timide ; je risque rien à un peu de coquetterie.
Si j’calcule, j’l’aurais eu à 14 ans. Ba, c’en était pas si loin.
Décroiser les jambes. Un petit geste de la tête pour renvoyer mes cheveux sur l’épaule. La lumière doit être pas mal sur mon collier.
Ne pas me retourner. L’ai jamais vu ici. Tout à l’heure j’essaierai de savoir qui c’est.
Applaudir ou pas ? J’ai pas compté le nombre de mouvements. De toutes façons un peu de retenue. Ah, ça y est, il se lève, ils ont fini. Clap, clap, clap. Pas vraiment l’enthousiasme.
J’vais tout de même pouvoir un peu bouger. Un regard par derrière. Hop, il détourne rapidement le sien, mais je suis sûre qu’il ne m’a pas quittée des yeux. Osera-t-il m’aborder ? Et moi ?
Peut-être bien le fils de Colette. Elle lui aurait refilé son invitation ?
Et puis quelle importance.
C’est tout de même flatteur !
« Oh oui, je l’ai par Menuhin … »
Où j’ai mis le programme ? Mince, j’suis assise dessus. Prochain morceau ? du Gounod, tiens, j’savais pas qu’il avait écrit pour violon.
Et le jeune ? Coup d’œil. Un peu boutonneux, mais gueule plutôt sympa.
Ah, voilà Jean, lui faire signe.



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