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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
23.05.2008
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François : phrase longue

François : phrase longue

Posté le 18.12.2006 par clameurs
Un moment d’écriture

L’image s’imposait presque toujours immédiatement, avec des contours déjà très précis que je n’avais plus qu’à colorer, ou à munir du détail qui rendrait la situation, l’objet ou le personnage plus réel, et je ne me posais quasiment jamais la question de savoir où allait m’emmener mes doigts sur le clavier, vers quel portrait de quel personnage de quelle époque, toutes circonstances qui ne manquaient pas d’apparaître au fil des mots sur l’écran, ces mots, ces phrases, qui en appelaient d’autres enveloppés d’une nouvelle musique, d’un nouveau parfum que je prenais plaisir à qualifier, toujours à l’affût de la comparaison qui tue, de l’antiphrase révélatrice, de l’allitération alléchante à l’allure d’aile, attrapant parfois le dictionnaire pour trouver l’exacte orthographe du mot rare (un p ou deux à « apostasie »), ne renonçant jamais, et ça je le ressentais plutôt comme un travers, au jeu de mots, laid bien sûr, à la métonymie approximative, tant ce tour d’esprit qui s’était petit à petit familiarisé, avait envahi mon esprit, ma pensée, et jusqu’à mes doigts qui parfois pourtant pressaient simultanément et presque rageusement les touches ⇑ (Majuscules) et F7 qui me délivraient les synonymes les plus juteux, me libérant de l’angoisse de la répétition, de la redite, du radotage, ou de la juxtaposition de syllabes malsonnantes (ah ! le fameux « car quand on » dont ma grand’mère, ancienne institutrice, m’avait très tôt signalé le danger euphonique !) ou bien me prenant par surprise vers des horizons insolites que j’hésitais la plupart du temps à tout de suite aborder, me réservant pour de futurs débordements, mais que je notais soigneusement dans un dossier que j’avais baptisé « coffre », véritable caverne d’Ali Baba que j’étais le seul voleur à remplir de joyaux, de bijous (un s, ou un x, bijou au pluriel ? bijou, caillou, chou … c’est bien un x) donc, bijoux de pacotille chatoyante, ou de trésors sans prix que je me proposais un jour ou l’autre de sertir sur des montures dont le métal était encore à découvrir, ou à enfiler comme des perles en choisissant minutieusement l’ordre des couleurs et des formes, ne lésinant pas sur l’accumulation des qualificatifs, l’incongruité des juxtapositions, les heurts de vocabulaire, du plus cru au plus choisi, du plus neutre au plus coloré, ne chipotant jamais sur la ponctuation, l’art ultime de l’orfèvre de la phrase que j’ambitionnais de devenir.



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