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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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Robert : plan, scénario

Posté le 08.01.2007 par clameurs
Titre : la visiteuse

Incipit : Jamais elle n’avait mis une jupe courte avec autant d’espoir…
Plan :
10H : Arrêt de bus, la tête basse, elles attendent silencieuses. Description de l’ambiance morose. Des regards s’évitent. Pensée intérieure à double sens (le lecteur ne doit comprendre que plus tard).
11H : Entrée de la prison. Jupes courtes, gardiens distraits. Parloir.
12H : Les 5 femmes, pistolets à la main, libèrent leurs maris et prennent en otages 3 gardiens. De l’action, des cris. Course dans 1 couloir
13H : Fuite en voitures, hélicoptères, tunnel de la défense, disparition. Faire apparaître la vitesse puis la surprise des poursuivants.
14H : Attaque de la BNP, tireurs d’élite, les 3 types abattus par la police sont les 3 gardiens.
20H : Télévision : on parle d’1 bavure. Clin d’œil sur la responsabilité supposée du ministre de l’intérieur.
20H30 : Une grande bouffe, 5 femmes, 5 hommes qui rigolent et s’embrassent dans 1 grande maison. Les rendre sympathiques. Tas de billets sur le coté qui dépassent des sacs.
21H : On sonne à la porte, le caïd vient, encadré de 3 costauds et d’une belle femme armée, chercher sa part. La police l’attend. Faire les 2 maisons assez semblables pour que l’on croie que les 5 femmes et 5 hommes vont se faire prendre.
22H : vision générale sur 2 maisons : 1 où l’on rit et fête la journée, 1où l’on est en peine menottes aux mains.
La morale : le méchant responsable a été pris.

Suzanne : plan scénario

Posté le 30.12.2006 par clameurs
La photo avec les jambes
Grandes étapes et faits marquants

Chapitre 1 : Découverte du personnage
Déborah – 13 ans – Minois à la Carla Bruni – Cheveux bouclés – Corps de déesse, proportions parfaites – Semble avoir 18 ans – Famille équilibrée – 1 grand frère et une petite soeur – Joli pavillon de banlieue – Ecole sans soucis – Bons résultats scolaires – Bande de copines sympathiques et totalement superficielles – Leur rêve à toutes : DEVENIR MANNEQUIN.

Chapitre 2 : L'annonce
Dans le magazine Jeune et Jolie, casting pour devenir mannequin – Excitation – Echange avec les copines – Refus des parents de Déborah – Inscription en cachette (imitation de la signature des parents...) - Préparation au casting avec les copines, entraînement aux défilés – Début de l'échec scolaire – Premières crises entre Déborah et ses parents.

Chapitre 3 : La convocation
Interception de la lettre de convocation au casting par les parents de Déborah – Crise – Lettre déchirée en 1000 morceaux – Récupération des morceaux en cachette par Déborah – Collage – Partage avec les amies – Ultimes préparatifs.

Chapitre 4 : Le Casting
Déborah sèche 1 journée de cours – Le Proviseur avertit les parents – Recherches – Son père a l'idée d'aller sur le lieu du casting – Irruption du père en pleine sélection – Le père la gifle et la traîne par les cheveux – Commentaire d'un des membres du jury « de toute façon, vous aviez trop de tour de cuisse »

Chapitre 5 : Descente aux enfers
Anorexie – Dépression – John, un des membres du jury l'attend un soir à la sortie de l'école – Il la réconforte et la rassure – Début d'une relation pseudo amoureuse - Il lui promet monts et merveilles – Déborah retrouve la joie de vivre - John lui propose de lui faire rencontrer du monde qui pourra l'aider pour une carrière éclatante – Invitation à une soirée – John lui offre des habits pour l'occasion : du Christian Dior, des habits de princesse.

Chapitre 6 : La soirée
Déborah fait le mur – Jolies filles, strass et paillettes – Petits fours à volonté – Déborah est attendue par John – Premiers verres d'alcool dans lesquels John a pilé en cachette de l'extasy – Ivresse – John lui demande de coucher avec lui – Incapacité à résister – Rapport sexuel en public – Horreur de la scène – Participation des convives – Viol collectif – Déborah rentre chez elle détruite.

Chapitre 7 : Le trottoir
John met Déborah sur le trottoir, la drogue et la viole régulièrement – Plus d'école – Les parents qui ne comprennent plus – La filature de son père – La découverte – La bagarre entre le père et John – Le coup de couteau dans le ventre – La mort du père sur le trottoir dans les bras de Déborah – Déborah se fait tabasser à mort par John – Déborah inanimée sur le trottoir à côté de son père.

Chapitre 8 : Le réveil
Déborah en réanimation à l'hôpital – Colonne vertébrale fracturée, jambes inanimées : paraplégie – Le séjour à l'hôpital – Les séances de désintoxication - La première sortie de l'hôpital avec sa mère – L'arrêt du bus en face et toutes ces jambes qui attendent – Déborah qui a perdu ses jambes pour 1 cm de tour de cuisse et qui regarde...

Suzanne : Phrase longue

Posté le 30.12.2006 par clameurs
Un moment d'écriture, d'une seule traite...

Je tourne, je tourne dans ma tête et dans ma maison car j'ai une heure devant moi et une heure c'est précieux car j'ai rarement une heure comme ça au calme et tant de choses à faire, la relance clients, les factures, les papiers, le site Internet, la sieste, les courses, la cuisine, la prochaine mission à peaufiner, un conte à préparer, un coup de fil à passer, à mes parents – ça fait longtemps que je ne les ai pas appelés – à mes grands-parents, ma grand-tante ou ma meilleure amie mais aucune de ses propositions ne me paraît bonne et voilà qu'arrive mon noeud à l'estomac et puis l'envie d'écrire, cette envie de me poser, de m'installer, de noircir des pages parce que c'est vrai, ces instants d'écriture sont précieux, tellement aux antipodes de ma vie où il faut produire et agir, agir et produire, performer et agir, prévoir et organiser, analyser et rééquilibrer et c'est vrai, ces moments de calme, de pause, de moi avec moi, de rien à clarifier, justifier, de rien à expliquer, prouver, des moments d'émotion, de rêve, de bonheur, alors oui, cette heure déjà grignotée à tergiverser, je vais l'utiliser à écrire, écrire, oui mais, sur papier ou sur PC parce que je suis séduite par le papier, l'encre, les pages qui se noircissent et je rêve d'un beau cahier bien rempli, d'un carnet de vie, d'un carnet de voyage où je collerai des morceaux de vie, des photos, des images et si seulement je savais dessiner, je ferais un carnet de voyage de vie ou un carnet de vie de voyage ou encore, tiens, comme Etty Hillesum, un carnet d'impressions et d'ailleurs, des carnets j'en ai tant qui m'attendent, de toutes formes, tailles, couvertures avec des débuts de projets, arrêtés en cours de commencement par manque de temps, de régularité, d'énergie alors finalement, je m'installe devant mon PC, je l'allume, je ferme les volets car le soleil tape sur l'écran et je ne vois rien, je branche mon caque, j'ouvre e-tune et je mets le casque sur mes oreilles pour ne pas entendre le bruit des ouvriers qui s'agitent dans ma maison, j'ouvre WORD et me voilà devant ma page blanche et qu'est-ce que je vais écrire, une histoire, une histoire pour les filles, tiens oui, une histoire pour les filles, prendre un mot au hasard, un mot qui se présente, « glycine », c'est joli « glycine », laisser l'image monter, sentir la consistance, l'odeur, l'atmosphère, la direction, partir au hasard, attraper l'histoire, ça y est j'en tiens un bout, alors vite, créer une play-list musicale adaptée et se mettre à écrire d'un flot, d'un jet, écrire le film qui se déroule dans ma tête, repasser 10 fois la même chanson quand c'est opportun, rire, pleurer, pleurer, s'émerveiller, combattre, unir, désunir, danser, hurler, menacer, rire, jouer car possible, tout est possible et j'écris, j'écris et je relis au rythme de la musique et je corrige, rectifie, et je relis depuis le début encore et encore, corrige, défais une phrase, la reforme à l'identique, la tords, la supprime et la remets, cherche un mot haletante, je le sens, il est là, 20 mots fusent de ma tête mais non, je ne les veux pas, ça y est j'ai attrapé le bon, je me sens soulagée et je repars, j'écris encore, étoffe un passage, précise un autre, observe la transition, relis depuis le début toujours au rythme de la musique et repars et j'écris, j'écris, j'écris, jusqu'à être essoufflée, jusqu'à plus de jus, plus rien, du vide, de la fatigue, je me sens dans un état second, les oreilles qui bourdonnent, la vue un peu trouble, l'esprit qui flotte comme quand on sort du cinéma et je regarde ma montre et je vois que j'ai écris pendant 2 heures, merde 2 heures, j'avais qu'1 heure, quelle conne et je mesure tout ce que j'aurais dû faire pendant cette heure envolée, perdue à jamais et voilà mon noeud qui revient et vite j'enfile mes chaussures, mon manteau, mon écharpe, prends la laisse du chien, le sac en plastique pour ramasser sa crotte et je cours, je cours vers l'école des filles car il est déjà 18 heures et je pense à tout le temps qu'il me faudrait encore pour arriver au bout de mon histoire et je me dis encore une histoire inachevée, encore un mort-né et j'imagine que ma maison est un cimetière à histoires non nées mais un jour, c'est sûr, j'écrirai!

Ariane : Expansion

Posté le 20.12.2006 par clameurs
Une rencontre

Un trottoir luisant de pluie, presque translucide à force d’être balayé par les gouttes qui s’y accrochent,
les phares des voitures, incessant tourbillon, s’y projettent pour créer de ci, de la, des dizaines de couleurs sur le noir immaculé …. Couleurs éphémères qui très vite se diluent sous la pluie -

Une rue de paris anonyme
Quartier des halles
Il pleut ce soir
En ce début de novembre, déjà la température est glaciale et la ville entière grelotte

Mathilde a 20 ans, peut être un peu plus et sort du cinéma avec un vague copain rencontré certainement sur les bancs de la fac – un de ces visages très vite oubliés au fil du temps qui s’envole – copain de fac, espace d’un moment avec qui on partage un film, un café, des idées, parfois un rêve et quelques chimères – copain tout aussi éphémère que les couleurs qui brillent sur le trottoir de cette rue, ce soir là, alors que la pluie n’en finit pas de tomber.

Des parapluies multicolores, quelques uns bariolés, losanges et carrés, quelques uns couverts de lettres, slogans publicitaires sans doute , ou mots d’amour ,s’ouvrent pour finir par former au dessus du trottoir comme une espèce de tente immense et étrange –
chacun se protège de la pluie qui dégouline, presse le pas,- les parapluies se croisent, s’entrecroisent parfois, se mélangent souvent
arc en ciel de lumières, les halles ne dorment jamais , s’agitent jusqu’au petit matin – la vie est partout-

Mathilde est là, au milieu de ces gens pressés avec son copain dont elle a oublié le prénom et sans parapluie.
déjà , ses cheveux sont trempés,

Le film vient de se terminer et tous deux cherchent dans ce quartier de paris un endroit où aller grignoter quelque chose avant de rentrer se coucher – il doit déjà être tard –

Mathilde se plante face à une carte de restaurant afin de lire ce qui est proposé – elle entend en arrière fond, un peu à la manière d’une litanie, le crissement des pneus des voitures qui glissent sur le bitume trempé – elle lit la carte
--- encore un resto américain comme il en existe des dizaines dans ce quartier là, se dit elle en consultant la liste innombrable des hamburgers et autres qui s’affiche devant elle.

Un couple, surgi de nulle part, rejoint soudain Mathilde et son copain et se plante derrière eux –
Un homme et une femme plantés derrière eux, dans la nuit et sans parapluie .
l’homme porte un imperméable, des lunettes un peu de travers et ses quelques cheveux hirsutes dégoulinent – la femme reste dans l’ombre Mathilde a du mal à distinguer son visage –

L’homme se penche pour regarder à son tour la carte du restaurant – Mathilde se pousse pour le laisser passer et se demande un peu bêtement pour quelle raison, ce type s’approche aussi près de la carte ! elle se dit qu’il doit avoir sûrement des difficultés à lire ---

l’homme n’arrête pas de se pencher et Mathilde recule de plus en plus sur le trottoir – Elle se demande s’il s’agit d’un tic de se pencher comme cela sur cette carte –il fait des commentaires à sa compagne par dessus son épaule que Mathilde n’entend pas -

« - vous savez je crois que c’est très sympa ici, il y a un piano au fond de la salle, on pourrait peut être aller prendre une table plutôt que de geler ici …. »

Mathilde sur le trottoir et sous la pluie s’immobilise soudain – elle ne sait si la voix s’adresse à elle, à son copain resté à l’écart, aux deux , ou à la femme qui accompagne l’homme qui vient de parler , toujours penché à déchiffrer sa carte scrupuleusement –
L’homme face à sa carte qui dégouline de hamburgers américains paraît dans la nuit de plus en plus hirsute, les lunettes de plus en plus de travers et l’imperméable à présent détrempé –

l’homme qu’elle n’a jamais vu de sa vie dégouline de pluie et Mathilde dégouline en même temps que lui – les pneus crissent de plus belle sur la chaussée en envoyant parfois des gerbes d’eau sur les pieds des passants

Elle s’entend répondre interloquée, amusée, étonnée

« - et ben oui si il y a un piano alors ! cela vaut le coup d’aller prendre une table ---

éclats de rire sous la pluie – instant un peu magique, presque surréaliste -

le copain de fac a brusquement disparu de l’univers de Mathilde, la femme existe à peine ou si peu –
Pierre vient d’arriver dans son existence, dans une nuit glacée d’un mois de novembre.

dans ce resto enfumé du quartier des halles, tequilas sunrises et hamburgers, on s’entend à peine parler – le piano a du se faire la malle car Mathilde ne l’a jamais trouvé -
elle plonge ses yeux dans le regard de l’homme qui quelques minutes avant piétinait devant elle –elle écoute et il écoute sans doute ce qu’elle raconte – rien de grave, rien d’important – la vie qui passe – des histoires de tous les jours sûrement –

bizarrement jamais l’histoire de Pierre et de Mathilde ne sera amoureuse
jamais ils ne partageront le même lit sauf certains soirs de blues ou Mathilde, si jeune, viendra se blottir dans les bras de ce compagnon de route issu d’une rencontre insolite-
ces soirs là , Mathilde dormira près de Pierre qui trouvera les mots

Pierre viendra lui raconter les aléas de sa vie et se blottir dans ses bras à son tour pour lui parler de ses quêtes impossibles et de ses doutes sans fin –

Pierre et Mathilde, sans doute en errance, dans leur tête , dans leur vie, toujours ensemble , la nuit , le jour.

Ariane : Nouvelle

Posté le 20.12.2006 par clameurs
Pierre regarde Mathilde .
Mathilde regarde Pierre
Ils n’en finissent pas de se regarder.
Et Pierre n’arrête pas de parler

Le restaurant est plein de monde, de ce monde parisien d’un soir de semaine, monde bigarré et cosmopolite , amoureux transis sans doute, hommes et femmes qui parlent d’affaires et sûrement d’argent, amants d’un soir et histoires d’amour qui se croisent , se décroisent, retrouvailles et séparations, peut être ….

Parfois Mathilde n’entend plus la voix de Pierre à cause du brouhaha qui n’en finit pas

Ils ont vieilli tous les deux depuis la dernière fois
La dernière fois c’était il y a 25 ans
Une rencontre un soir sur un trottoir des halles et une amitié peut être un peu amoureuse --- ces instants passés, cinés partagés, éclats de rire , quelques larmes versées et confidences sans oreillers.

Et puis la vie, l’oubli, Pierre et Mathilde ont continué et le temps a passé, coulé et tout a disparu – sauf les souvenirs -

Pierre est là ce soir, revenu soudain, tempes grisonnantes, plus beaucoup de cheveux mais les lunettes toujours un peu de travers – Mathilde retrouve cette voix, celle là même qui lui parlait quand elle avait 20 ans et que souvent elle déraisonnait.
Tout vibre dans sa tête , Pierre qui séchait ses larmes de presque adolescente et qui l’engueulait quelques soirs – l’épaule de Pierre sur laquelle elle se posait –

Elle écoute dans ce restaurant bondé, ce soir là, cette même voix qui résonne au fond d’elle même .
Parfois elle a du mal à entendre

Il y a quelques jours, Mathilde n’a eu de cesse sans qu’elle sache vraiment pourquoi de retrouver Pierre- a un coin de rue, dans une boîte jaune elle a glissé son message, peut être appel au secours, peut être besoin de retrouver le passé, peut être rien , peut être tout --- elle ne sait plus – sur la boîte jaune il était écrit que son message partirait à 15 heures pour rejoindre Pierre – Mathilde ce jour là s’est sentie brusquement soulagée.
Elle a su que Pierre reviendrait de là ou il était et au bout de 25 ans d’absence

Le silence est rompu
Pierre est revenu

Elle est là , face à lui, accoudée à cette table de resto
Pierre a commandé un saumon à l’aneth et une vodka- elle n’arrête pas de fumer tout en mangeant sans doute quelque chose et guette son portable- Mathilde a menti pour aller revoir Pierre

« - et dans dix ans , tu as pensé a ce que sera ta vie dans dix ans ? tu attends quoi ? j’ai dix ans de plus que toi et je peux me permettre de te le dire «

statufiée, immobile, impassible et tirant toujours sur sa cigarette, certainement très pâle, elle écoute cette voix qui lui énonce avec ce sourire qu’elle n’a jamais oublié, ces vérités qu’elle se répète depuis des mois
vérités qui lui font mal mais qui sont les siennes, vérités d’une histoire qui s’écroule, de son histoire qui se fait la malle

et dans sa tête revient brusquement ce « Pierre dis moi la vérité « qu’elle a tant aimé, Pierre --- dis moi la vérité, rue de seine, dix heures du soir et le chapeau qui tombe
rue de seine, dix heures du soir
et tout se met à tomber

et Pierre énonce calmement la vérité , sans ambages et sans détours
« - quand je te vois là devant moi, j’ai envie de te dire de fuir, après ce sera bien trop tard – tu m’as sans doute appelé pour entendre cela »

oui, sans doute Pierre pour que je puisse enfin prendre le risque de ne plus jamais me retourner, pour que je puisse décider de tirer un trait sur une partie de ma vie, pour que mon histoire bascule,
oui je t’ai appelé Pierre

Mathilde revoit la boîte aux lettres jaunes et ce coin de rue --- avec la boulangerie a côté où elle est allée chercher sa baguette après avoir mis sa lettre
Le feu rouge qui clignotait et les voitures qui la croisaient
La vie qui continuait – et la boite jaune, appel au secours , Titanic qui se met à couler, naufrage, sans appel, terminé ---- je sombre
Pierre, dis moi la vérité

La vodka qu’il vient de terminer
La cigarette qu’elle vient d’allumer
Entend le bruit des voix autour d’elle, des gens qui parlent de la vie, de leur vie, d’argent , d’amour et de haine , les gens qui se lèvent et qui s’en vont ailleurs

Elle a la tête qui tourne un peu et envie de pleurer
Dans sa gorge tout se noue mais elle résiste

Il fait froid en ce mois de novembre et on grelotte sur le trottoir de l’avenue kleber, trottoir désert à cette heure là – le portable de mathlide n’a pas sonné
Pierre sur le trottoir et dans le froid prend Mathilde dans ses bras et la serre contre lui un peu comme on prendrait un enfant et dit, face aux arbres dénudés

« tu vois , on sent que les fêtes de fin d’année ne sont plus très loin, les arbres sont tout gelés »

Mathilde sourit --- ravale ses larmes --- les fêtes de fin d ‘année c’est dans un mois et les arbres sont déjà tout gelés – Pierre est là , près d’elle – histoire inachevée, amour amitié plusieurs décennies derrière, Pierre dis moi la vérité – boîte jaune au coin de la boulangerie, 15 heures ce jour la et l’avenue Kléber qui grelotte
Saumon a l’aneth et vodka et quelques cigarettes

Elle doit rentrer chez elle

Fonce jusqu’au pont de Neuilly et le portable se met à sonner
Pierre qui ne cesse de lui rappeler que la vérité et la vraie vie n’est pas très loin – au delà des arbres gelés


La voix de Mathilde se casse et dans la nuit du pont de Neuilly, elle sait que jamais elle ne se retournera- derrière elle la rue Kléber, devant elle la promesse d’une autre vie

En rentrant chez elle, Mathilde a un peu mal au cœur
Elle regarde sa maison et se dit simplement que cela lui fait drôle
Dans quelques temps elle ne sera plus là –

Le Titanic a définitivement sombré et Mathilde n’a plus envie de pleurer

« dans dix ans , Mathilde, tu as pensé à ce que sera ta vie ? »

elle a simplement ce soir là fermé la porte à clefs

merci Pierre

Ariane : Photo d'enfance

Posté le 20.12.2006 par clameurs
FACE AUX REMPARTS , Mathilde A 5 ans
Février 2006

La plage s’étend, immense, face aux remparts de saint Malo qui se dessinent dans une brume indéfinissable – les tentes bleues et blanches, rayées, dessins de carte postales, claquent au vent – le long de la digue , les estivants, marinières de circonstance , bouées et filets de pêche,
s’agitent, se croisent, se saluent , s’apostrophent parfois bruyamment

Des odeurs de guimauve et de gaufre, et autres gourmandises, s’échappent espiègles des bicoques regroupées le long de la plage –

Le marchand de glaces est bien là aujourd’hui ? se demande l’enfant

MAIS OUI, il n’a pas oublié d’ouvrir sa cabane et peut être tout à l’heure pourra t’elle déguster un de ces énormes cornets aux couleurs de vanille et de chocolat, sans la faire tomber sur les planches comme l’autre jour -
– elle s’était mise à pleurer en regardant la vanille et le chocolat dégouliner, se mélanger l’un à l’autre, sans qu’elle puisse les en empêcher– ce jour là, Mathilde a vu s’enfuir sans qu’elle puisse rien faire d’autre que de l’accepter , un de ses premiers désirs –

cet après midi , elle attend le marchand de glace, sur la plage face aux remparts de saint malo

Elle doit avoir 4 ou 5 ans, toute petite fille assise devant les balançoires du club des pingouins Le club des pingouins elle en rêvait …
Elle ne cessait de regarder les toboggans et les trampolines et tous ces châteaux de sable – elles écoutaient les chansons des enfants qui vers midi s’envolaient dans le ciel

Elle en rêvait
Elle s’ennuyait
sur son tee- shirt blanc comme les nuages, elle exhibe ce matin ce tout petit pingouin bleu comme le ciel aujourd’hui qui lui rappelle son existence - enfants de son âge qui jouent avec elle, qui lui collent de temps en temps des coups de râteau dans le dos, - histoire de lui rappeler qu’elle n’est pas vraiment seule – les bacs à sables sont souvent un peu meurtriers

Ses parents sont tout près, sur la plage – papa souvent absent tellement absorbé par ses pensées, maman toujours présente et attentive, parfois un peu trop quand même , et pierre son frère, encore bébé , né trois ans après elle- Mathilde est toute blonde, les cheveux relevés en un petit chignon, mine un peu boudeuse parfois

Il lui arrive parfois d’observer de côté ce tout petit garçon qui depuis qu’il est arrivé attire tant d’attentions – elle l’observe sans que personne ne puisse s’en douter
Et elle se souvient de ce soir là :

Sa mère blême et son père affolé –--- coups de téléphone dans la nuit ---
Pierre dans son berceau inerte
Pierre qui brusquement ne marchait plus, ne souriait plus refusait de manger -
Pierre , qui sans doute était en train de mourir
Les coups de téléphone
- cela n’arrêtait pas de sonner ce soir là , de ce genre de sonneries qui existaient alors, stridentes qui laissaient le cœur en émoi -
elle se souvient, Mathilde des hurlements de sa mère , de son père qui tentait de calmer cette tempête , de ses parents qui appelaient à l’aide et de pierre dans son berceau, inerte

et elle dans un coin , toute petite, et si seule, qui attend, attend que tout cela cesse, que toute cette horreur s’arrête – que quelque chose arrive

l’ambulance dans la rue, et le noir – pierre va sûrement mourir

L’hôpital soudain – un drôle d’hôpital tout blanc et son tout petit frère derrière une vitre avec des tas d’aiguilles partout –
Mathilde et ses cheveux noués au dessus de la tête derrière une vitre totalement transparente, impeccable , vitre d’hôpital –

La pluie n’y laisse jamais de traces, il ne pleut jamais ici, les enfants n’y posent jamais leurs doigts, et jamais on ne dessine de cœurs sur ce genre de vitres avec la buée que laisse le froid de l’hiver - jamais ---
Et derrière … ce petit bébé qu’elle ne peut toucher , qui lui sourit mais qu’elle ne voit que derrière ce rideau translucide , immaculé , son frère qu’elle ne peut atteindre ….

Pierre sourit et la vitre s’illumine, joue avec ses pieds que la petite Mathilde reçoit en pleine figure – un peu comme un rappel à l’ordre -

Elle entend sa mère pleurer, son père joue les héros mais la détresse est là – partout, envahit Mathilde, brise ses premiers rêves - pierre derrière sa vitre va mourir

J’ai voulu le mordre quand il est né, j’ai voulu le tuer, je n’en voulais pas – j’étais rentrée dans sa chambre et j’ai voulu le mordre mais maman est arrivée et m’a grondé très fort alors je suis retournée me coucher

Mathilde pleure
Et maintenant pierre va mourir
Il va sûrement mourir

La vitre s’embue de mille larmes – les pieds de ce petit bébé continue à faire des arabesques alors qu’elle finit par devenir opaque – vitre d’hôpital sans âme et sans dessins, sans gouttes de pluie et sans destin – la vitre n’est plus rien qu’n miroir totalement vide – Mathilde s’y perd et sanglote en silence

Mathilde a cru qu’elle allait mourir elle même ce jour la pour oublier simplement que pierre était en train de mourir - mourir aux hurlements et à l’angoisse terrible de son père – mourir plutôt que lui -

Pierre est revenu à la maison –
Maman ne pleure plus et est toujours là pour Pierre, le petite pierre , perfusions dans les bras et pieds sur la vitre – papa continue de jouer les héros -

– Mathilde A 5 ans et est déjà ailleurs
rêves et chimères qui se tissent l’un après l’autre sans doute pour oublier
oublier que maxime a failli mourir à cause d’elle. Elle s’en est convaincue et elle n’a que 5 ans -


Elle finit par oublier les murs blancs de l’hôpital et les pieds derrière la vitre glacée , l’absence et la douleur, l’angoisse et la mort
Tout disparaît et mathilde est rassurée

Pierre est revenu
Mathilde s’apprête à vivre dans l’ombre
Elle regarde le monde s’agiter autour de ce petit bébé qui recommence à marcher, à manger, à sourire et qui éblouit l’entourage –

Elle regarde ce petit frère qui sur la plage de saint Malo est bien trop petit pour jouer avec le joli seau rouge--- – elle , elle va au club des pingouins et son écusson sur son t shirt
Elle le montre, elle y croit, elle le cache chaque soir dans son lit , sous ses draps
Pierre e est survivant de son histoire et vivra dans la lumière -

aujourd’hui peut être es ce temps nuageux et brumeux qui l’empêche de sourire ?

son pingouin est tout de travers sur son t shirt blanc –
oscille à droite, à gauche mais ne revient jamais à sa place
les balançoires ne bougent plus et le vent de la mer n’y change rien
les tentes continuent pourtant de claquer


elle en rêvait pourtant des toboggans et des trampolines mais tout dégouline un peu comme les cornets de glace hier sur ses chaussures, vanille et chocolat – fraise et caramel
les pingouins se sont endormis -----

Mathilde tu sais le marchand de glace il a ouvert sa cabane--- ????

Ariane : Première fois

Posté le 19.12.2006 par clameurs
Gare saint lazare

Gare saint Lazare --- Mathilde se souvient de ce soir là, entre chiens et loups quand l’obscurité commençait à descendre sur Paris
Sans doute en automne, peut être fin octobre , où le début d’un mois de novembre déjà frileux
Chaussée glissante, feuilles qui tourbillonnent , il est possible qu’il se soit mis à pleuvoir de ces larmes là qui ne s’oublient pas même quelques décennies plus tard

Gare saint Lazare , face à la bouche de métro avec ces escaliers trop raides
Celle qui se trouve juste face à la grande horloge
Paris qui s’illumine et ces voyageurs pressés qui s’engouffrent et ressortent des entrailles de la terre pour aller prendre quelque train en partance ou à l’arrivée d’une ville fantôme
Mathilde était là, ce soir là , debout
Les escaliers deviennent de plus en plus flous comme si la brume venait de tomber, paris dégouline à présent et le quai est désert, déserté – le train vient de s’arrêter

Il n’y a plus de brume et peut être si peu de pluie
Juste Mathilde et marc, seuls au monde , en automne, face à ce métro idiot avec en arrière fond le bruit lointain des essieux sur les rails , sorte de grincement sans fin gémissement lancinant qui ressemble un peu à ce qui se passe ce soir là dans la tête de Mathilde -

17 ans à peine
Mathilde n’a que 17 ans
Regard qui se voile, et ce chagrin immense qui vient d’éclore, si peu perceptible et qui soudain submerge, asphyxie , paralyse étouffe …., la soulève de terre pour la transporter très loin , très loin de ce monde là qu’elle voudrait soudain quitter , ne plus voir, ne plus entendre

L’apocalypse ne doit pas être loin-

Marc un peu plus de 19 ans --- pas tout a fait adulte mais déjà si grand, si fort, si tout --- rue de rennes , la haut sous un toit de paris ; chambre de bonne si petite et des milliers de lumières irisées qui éclataient dans leurs têtes à tous les deux – les dessins de marc étalés sur les murs et des tas de couleurs jetées de ci de la sur d’immenses papiers-
Tout seul déjà dans la vie, dans sa vie – cheveux longs et un peu hirsutes – un peu baroudeur , un peu artiste et poète à ses heures
Baudelaire et ses chats qu’il récitait sans cesse et qu’il lui dédiait, Léo ferré
---- avec le temps oui tout s’en va --------
révolution qu’on dessinait dans nos têtes pour réveiller le monde et auxquelles on croyait tellement fort
Londres l’été dernier et la verdure de picadilly qui brûlait de soleil –
Londres était alors devenu magique
Marc était venu la rejoindre sans même qu’elle l’attende pour repartir ensuite –
Comme toujours
repartir

Aujourd’hui ça fait mal , et même l’horloge immense de la gare saint lazare vient d’arrêter sa course folle –

« oh temps suspends ton vol « ….. » chuchote une voix dans sa tête – fige cet instant, juste ce moment là où il est encore là, comme statufié, enveloppé dans un espèce de manteau noir immense et un peu bizarre – fixe cet instantané pour que jamais cela ne s’arrête – ce regard là et ces mots là –

Mathilde c’est fini -


17 ans--- premier amour et ce chagrin immense –
cheveux emmêlés, ruisselants de cette pluie qui vient sûrement de redoubler, face à la bouche de métro –
envie de hurler et son silence qui résonne dans la tête de Mathilde , en rythmes décousus , silence ininterrompu, le vide qui se fait et la bouche de métro qui se volatilise-

marc va le prendre, ce putain de métro , là dans quelques minutes pour ne plus jamais revenir –
l’aiguille de la grande horloge va se remettre à tourner lentement –
il est descendu par le grand escalier et n’a pu faire qu’un dernier signe irréel à la gamine plantée là , signe de la main, signe d’au revoir , geste de tous les jours –

le métro s’est alors éloigné du quai -


21 Octobre 2006
26 novembre 06

Ariane : Monologue intérieur

Posté le 19.12.2006 par clameurs
MONOLOGUE DU VIEUX POTE

Elle vient de m’arriver Mathilde, complètement hagarde , le cheveu détrempé , toute seule, sans crier gare alors que j’étais bien tranquille chez moi –
Mathilde est revenue comme dans la chanson du grand jacques et tu parles d’un cadeau
Elle a sonné à ma porte et je n’ai pas pu faire autre chose que d’ouvrir
Elle a même pas pris la peine de téléphoner avant pour prévenir
Ce n’est pas trop son genre d’arriver comme cela

Quand je l’ai vu là, en larmes, toute de pluie vêtue, je me suis dit qu’il s’était passé quelque chose de vraiment grave et j’ai pensé à mon pote marc –un accident, un truc comme cela –
UN DRAME quoi vu son état
-- je comprenais pas très bien ce qu’elle venait faire chez moi à cette heure là surtout que je la connais pas beaucoup – pas très bien en quelque sorte – en plus , elle hoquetait tellement que je n’ai pas réussi à comprendre tout de suite le fin mot de l’histoire

Bon ,
Maintenant elle est là , assise sur le canapé du salon et j’ai l’impression d’avoir ouvert ma porte à une sorte de zombie sortie tout droit d’un roman de science fiction –
En plus elle est tellement trempée de partout qu’elle a foutu de l’eau partout dans la pièce et que je vais en prime me faire engueuler par ma mère quand elle rentrera –
Pas souvent là ma mère ! mais quand elle est là, elle passe son temps à râler et à me prendre la tête avec mes copains qui envahissent l’appartement-
Bon tant pis on verra bien
Pas un problème ça

Voilà,
Bon y a pas d’accident
Marc est vivant mais cette nana commence à me fatiguer avec ses hoquets qui ne s’arrêtent jamais et lui mais quel con
Mais quel con, merde alors, manquait plus que ça que je me retrouve avec sa copine qui n’arrête pas de gémir pendant que lui est on ne sait ou et qu’il s’en fout –
Remarque --- pas trop moche la Mathilde , en moins détrempée et les yeux un peu moins rouges ça pourrait passer –
C’est pas le moment de penser à des trucs de ce genre là
Un peu déplacée comme idée
Mais bordel quoi faire là, ai rien demandé moi à personne, j’étais bien cool et il faut qu’elle arrive pour me beugler dans les oreilles
Peux pas la virer quand même


Marc j l’vois plus depuis des semaines – aux abonnés absents le grand copain , jamais disponible – et maintenant voilà que je récolte sa copine
Bon elle me plaisait bien au début même si elle est un peu collante parfois – mais marc – bien plus beau que moi, alors l’autre elle a craqué et maintenant voilà le résultat
Et moi suis toujours là pour jouer les grands consolateurs
Faire dans le social
Aider les autres
Et merde alors
Si ma mère rentre , je sais pas ce que je vais raconter
Pourvu qu’en plus elle s’énerve pas contre la nana et qu’elle la mette dehors – serais vraiment mal – caractère difficile ma mère – supporte pas mes copains mais encore moins mes copines

Ça craint un peu toute cette putain d’histoire –

Bon et la c’est de pire en pire, j’te chiale comme un saule, chutes du Niagara garanties et du sur mesure en plus, messieurs dames, chacun son tour pour le spectacle
Bon pas vraiment le moment pour déconner mon p’tit pote – l’heure est grave
Pas trop besoin de faire de l’humour
Faut dire quelque chose d’intelligent là pour arrêter cette fontaine
Trouver un truc n’importe lequel
Tiens pourrais lui dire
Dix de perdu un de retrouvé, je suis la moi Mathilde --- on sait jamais après tout
Dès fois que cela marche
ou encore
Un clou chasse l’autre --- non
Trop nul, nul et encore nul
La elle va mal le prendre
C’est sur

Alors il reviendra, oui tiens il reviendra sûrement

Ouais sauf que c’est pas la peine de balancer une connerie pareille, il reviendra pas du tout, je le connais bien

Je pourrais lui passer le disque la ou le mec il chante un truc du genre « faut pas pleurer comme cela, aujourd’hui c’est pour toi que nous sommes venus--- et tout le bazar «
Le mettre discrètement sans la prévenir
Ca détendrait peut être l’atmosphère
Bon encore plus nul
Sais pas

Y’a le téléphone qui sonne maintenant, c’est pas le moment --- ce doit être ma mère pour savoir si j’ai trouvé de quoi bouffer dans le frigo
Toujours derrière mes basques comme si j’avais 4 ans
Bon je réponds pas, tant pis
Elle rappelera

Raz le bol mais quel con ce mec il pouvait m’épargner ce merdier – c’est peut être lui finalement qu’a appelé
J’aurais du répondre tiens et le mettre face à ces conneries
Bon trop tard
Mais mon pote t’es vraiment très très con et en plus très très salaud parce que cette nana en fait elle est vachement bien
J’ai envie tu vois juste maintenant de te coller un coup de poing droit dans ta jolie tronche pour que tu comprennes
Après tout , t’avais qu’a me la laisser

C’est une furie ohlllaaaallaaaa
Tiens je vais faire une chose
M’asseoir à côté d’elle et me taire une fois pour toute, me la fermer définitivement , ne rien dire
Je pense qu’elle est un peu bizarre quand même, folle , sur de chez sur, folle à lier
Marc c’est quand même pas appolon , merde
A ce point là --- pas de quoi en faire toute une histoire
Faudrait que j’appelle les secours, peut être si elle continue comme cela
Pas envie qu’elle me fasse le coup du suicide
J’imagine la tête de ma mère
Mathilde allongée dans le salon avec les pompiers autour
Ça craint de plus en plus
Peux rien faire moi

Laisser faire, passer l’orage , calme toi ma petite biche, n pleure plus
gare saint Lazare, tu parles , je t’en foutrais moi de la gare saint Lazare -- plantée là elle arrête pas de dire et toi barré, volatilisé et elle toute seule et tac
reviendra pas

Vachement courageux mon pote ---
Ridicule
Rien demandé moi
Je m’en fous de cette nana – pas besoin de l’avoir sur le dos -
Bon silence – je me tais et j’attends


Tiens encore le téléphone
C’est une manie
La porte s’ouvre
Putain , c’est ma mère qui revient

Alors là mon pote, je vais te le coller mon poing dans la figure pour de bon au moins une fois dans ma vie .
Te le coller le plus fort possible
Parce que ta Mathilde moi

J’en veux pas chez moi etc …..


26 novembre 2006

Ariane : Marcher au bord...

Posté le 19.12.2006 par clameurs
MARCHER ……. AUX BORDS …… PAR HASARD …..

Mathilde marche, en silence
Marche lente qui se fait parfois rapide, pour rattraper le temps perdu

Marche nuptiale --- les couleurs éclatent en des gerbes insolites
marche funèbre - --- l’instant se fige, immobile et glacé

Mathilde marche,
seule dans le silence
la nuit tombe …
le jour se lève …
les heures s’égrènent , minutes et secondes, course sans fin
les jours passent et s’étirent

printemps , automne , été hiver et tout recommence toujours,
succession infinie des saisons qui reviennent
les feuilles pleurent et leur chagrin immense tapisse les pelouses, la neige tombe, il pleut et soudain le soleil mord la peau, brûle et fait mal -

-Mathilde a 5 ans , 10 ans, 30 ans ---- 40 et bien plus encore

Mathilde grandit , vieillit ….

hurle sa vie

Mathilde rit , pleure , aime , souffre, attend,doute ,rencontre , espère et
Chute vertigineuses, le vide et plus rien
Et soudain là , tout près, impalpable , l’arc en ciel qui dessine ses pastels
Mathilde heureuse et tellement
amoureuse –
Mathilde violence et si seule, parfois, dans le noir
la vie …devant ….

Regard de biais dans le miroir pour guetter les marques du temps, à l’affût et en soupirant
Eh ben non ce n’est pas le tableau qui vieillit mais bien moi, c’est la vie ---
Dorian gray n’existe pas

Elle continue de marcher, sans jamais se lasser

A courir parfois, courir à perdre haleine pour essayer d’attraper cette ombre qui virevolte devant elle sans cesse, cette ombre qu’elle voudrait happer, bouffer, saisir mais qui lui échappe toujours, depuis tout ce temps

Mathilde ou es tu ?
Que cherches tu ?
Qu’attends tu ?

Ou vas tu ?

Mathilde a 5 ans, 10 ans, 30 ans et bien plus encore –
Au hasard des turpitudes de la vie, elle continue de marcher dans l’espoir insensé d’échapper à son destin ou de le dessiner, s’inventer des souvenirs, tourner les pages de son histoire et en écrire les chapitres. Les uns après les autres. Toujours plus loin

Un jour, Mathilde regardera derrière elle, tout ce chemin qu’elle a tracé ---

Printemps, été, automne hiver, la nuit et le jour, les secondes, les minutes et les heures continuent leur ronde infinie

Mathilde ralentira le pas de plus en plus

Sans doute s’arrêtera t’elle alors au bord d’un lac immense,gelé
ou à l’eau bleue sucrée , sous un ciel couleur turquoise

elle viendra alors s’asseoir un instant face à ce chef d’œuvre et prendra sa tête dans sa main avant d’oser lever les yeux .

Peut être croira t’elle à un mirage venu d’ailleurs ?
Peut être y verra t’elle le reflet de son visage ?
Peut être prendra t’elle le risque de s’y noyer –

Eclatera t’elle de rire ou se mettra t’elle à pleurer ?

Nul ne peut le dire

Mathilde restera là, Solitaire , assise et silencieuse sur les bords du lac à écouter letemps passer –
Elle saura que sa marche vient de s’achever

Didier : plan scénario

Posté le 19.12.2006 par clameurs
PLAN DU TEXTE :

Ch 1 : Devant le palais de justice de Rome, l’attente du verdict ; dans quelques instants, Mariana va sortir une arme de son sac, et tirer….

Ch 2 : Il y a douze ans, jour pour jour, l’homme qu’elle attend l’a sauvagement agressé (récit en flash back)

Ch 3 : Comment a-t-elle pu dérouler sa vie pendant ces 12 longues années où elle n’espérait qu’une seule chose : se venger (récit en flash back)

Ch 4 : Récit au ralenti du meurtre et de la vengeance assouvie

Ch 5 : La fuite éperdue sur un scooter volé Piazza di Spagna

Ch 6 : La nuit qui tombe, la pluie qui trempe les vêtements, la solitude et le froid dans une cachette improvisée, la lutte entre la révolte qui s’éloigne et l’accablement qui grandit

Ch 7 : Le jour se lève ; le personnage de Mariana est mort ; elle s’appelle désormais Alexia, et pour elle une vie nouvelle commence ; elle ne retournera jamais plus à Rome.

Le roman pourra, s’il rencontre du succès, être suivi d’un tome 2 où l’on suivra Mariana, pardon Alexia, dans le nouveau monde, Alexia impitoyable femme d’affaires rattrapée un beau jour par son passé. Mais ceci est une autre histoire.
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