Posté le 05.02.2007 par clameurs
Monsieur,
Je vous écris à la suite de votre document infamant qui n’est qu’une fable invraisemblable.
Dans notre campagne, il y a peu de gens comme vous qui peuvent décrire mes amis avec autant de verve et j’avoue que vous m’avez parfois fait rire. Mais là, vous avez fait une véritable erreur !
Je vous croyais perspicace et je découvre que vous n’avez rien compris à la scène qui s’est passée devant vous :
Laissez moi, vous expliquer : J’étais passé à la ferme le récupérer et je reconnais que j’aurais dû le refuser car la qualité n’était pas là. Mais enfin, je le tenais et je l’ai emporté…
Et puis, voyant cet arbre, je me suis installé.
L’odeur était un peu forte et commençait à m’incommoder quand l’autre est passé.
Vous le connaissez ! Il vit de rapines et surtout c’est un baratineur, un hâbleur, un sacré bonimenteur. Et puis, ce n’est pas la première fois qu’il veut faire chanter quelqu’un.
Je disais donc que l’odeur était un peu forte et commençait à m’incommoder alors que comme vous le savez, dans notre famille, nous ne mangeons que des mets raffinés. Par ailleurs nous venions juste de nous installer et çà m’ennuyais de rapporter çà dans notre petit nid douillet.
Bien sûr, j’écoutais cet âne ! Il fait même des vers en parlant.
Vous noterez que moi, je ne disais rien.
Enfin, çà commençait à durer et même à me lasser.
Je tenais toujours l’objet que vous avez décrit bien maladroitement d’ailleurs.
Il commençait à empester. J’aurais pu le ramener à la ferme, j’ai préféré m’en délester.
Et vous, vous en avez fait une histoire, une fable invraisemblable.
Je compte sur vous pour remettre les choses en place car celui qui a été trompé bien sûr c’est lui et pas moi !
Voilà, Je vous le confirme, tout ce que vous avez écrit n’est qu’une histoire mal comprise, en un mot : une fable.
Posté le 04.02.2007 par clameurs
Cher monsieur,
Je ne pourrai jamais trouver ces mots pour vous dire l’importance de cette rencontre ; je me souviendrai tout au long de mon existence de cet instant si étonnant, vous si grand, et moi si petit.
Vous, échoué là par hasard et moi arrivé de je ne sais quelle planète étrange.
Je ne réponds jamais aux questions que l’on me pose, et je sais qu’il vous est arrivé de m’en vouloir un peu, parfois, quand vous tentiez de percer mon mystère.
Mais je préfère le silence plutôt que la parole pour rien, au risque de raconter n’importe quoi – alors je vous ai laissé imaginer.
Comme moi, j’ai pu imaginer l’étrange pays d’ou vous venez.
Et nous avons construit, vous et moi, un magnifique empire.
Aujourd’hui, je dois m’en aller et vous dire au revoir, et même si je suis bien triste de vous quitter et de vous laisser là, je sais que nous emporterons là ou nous allons de très beaux souvenirs.
Alors je suis un peu moins triste, à cause des souvenirs...
… je suis allongé là, seul, prêt à m’envoler vers les étoiles.
J’attends seulement qu’on vienne me chercher
Et j’ai un tout petit peur.
Souvenez vous ce jour là.
Je m’étais planté devant vous – votre avion venait de tomber et vous étiez seul au monde, perdu dans ce désert immense.
Alors, je suis venu et parce que je vous l’ai demandé, comme cela d’un seul coup, vous me l’avez dessiné ce tout petit mouton.
Et puis aussi une boîte pour que je puisse l’emmener, un jour là haut sur ma planète.
Et puis une muselière pour que mon mouton n’ait jamais la tentation de manger ma rose, qui m’attend sous son globe, si seule et si fragile malgré ses quelques épines.
Mais ses épines vous le savez bien elles sont si petites face au monde qui l’entoure.
Alors, aujourd’hui je m’en vais, je vous quitte et sans doute pour toujours.
Je voudrais que mon mouton ne parte pas seul avec moi.
Alors avant de partir et sans doute au nom de nos souvenirs, avant de rejoindre mon firmament, je vous demande de me dessiner un copain pour mon mouton, car je crois que la haut il finirait par s’ennuyer et par devenir très malheureux.
Un copain avec lequel il sera moins seul, même si je sais que vous détestez vraiment dessiner, et que vous confondez souvent les moutons avec les baobabs.
Mais cette fois, je crois que vous y arriverez du premier coup.
La couleur des blés résonnera toujours au fond de votre cœur - et c’est a cause de cela que je m’en vais serein - j’aurais toujours au fond de mon cœur l’étincelle de vos yeux le jour ou vous m’avez offert ce petit compagnon.
Je vous quitte Monsieur, et avant de m’envoler, j’attends doucement que vous me donniez ce dernier cadeau, souvenir de mon passage sur la terre.
Je ne vous oublierais jamais du haut de ma planète -
Le petit prince
Posté le 31.01.2007 par clameurs
Jet d’écriture
Un seul jet, vite !… je dois l’écrire, sinon cela va m’échapper et après, il sera trop tard, je me serai dérobée ; je ne saurai plus quel était le fil de ma pensée, j’aurais oublié et il me faudra recommencer les mêmes attitudes de repli, les mêmes frustrations, les valses hésitations, les actes manqués, les frôlements, les évitements, les faux airs de ne pas y toucher,… car il faudra bien que je m’y frotte à ces démons, tout laisser filer mais jusqu’où cela m’entraînera-t-il ?
Et si je prenais une feuille, rien qu’une feuille pour noircir quelques mots, marquer cette feuille de mon empreinte, quelques griffures rageuses, des arabesques venant illustrer le temps qui passe, ponctuées de quelques points d’orgue, puis qui repartent de plus belle sous ma plume courant de plus en plus vite, plus incisive encore, déroulant ces pensées et ces mots qui n’en peuvent plus d’être dans ma tête ; quoique… s’il le fallait…, ce serait tellement plus simple et plus confortable de tout mettre dans une boîte, de tout ranger dans de petites cases bien cartésiennes, histoire de tout contrôler, de ne plus rien sentir, d’anticiper, de prévoir, bref, de savoir en un clin d’œil ce qui se passera tout à l’heure, demain ou dans une heure, parce que tout aura été programmé et prévu d’avance ; mais non , le plaisir est là, celui de voir courir sa main de gauche à droite, cette main qui se laisse guider par la plume au bout de laquelle se jettent les émotions, petites et grandes, glorieuses ou moins avouables, mais sans composition, livrées à l’état pur…quelques espaces de temps laissés pour relire ce qui a été noirci avec ma plume et me voilà repartie pour un nouveau rodéo de pensées qui atterrissent pêle-mêle sur ma feuille de couleur jaune soleil…Lumineuse écriture, quel plaisir ai-je à prendre ma plume, histoire de me poser quelques instants, de savourer ce moment où l’on peut s’accorder, libérer ses « trop pleins », combler ses « trop vides », trouver à la fois refuge et tremplin vers un ailleurs sans limites et riche de nouvelles émotions.
Posté le 31.01.2007 par clameurs
« The Great Destiny »
Lettre avec auteur et destinataires imposés : John Kennedy écrit à Fidel Castro
Requête spécifique : rallier tous les latinos sous une même bannière étoilée de l’Amérique (the New Frontier) et endiguer le flux d’immigrants cubains ou latinos.
Cher Ami,
J’ai l’honneur de conduire toute une Nation, laquelle s’est forgée comme idéal celui de répandre tout autour d’elle, Richesse et Liberté.
Investi de ce pouvoir qui est le mien sur cette planète, il m’importe donc de faire partager cet idéal, non seulement à mes concitoyens réunis sous une même bannière étoilée, mais également à tous ceux qui se verraient privés de cette formidable Liberté :
• celle qui permet d’envisager tous les possibles,
• celle qui consiste à repousser toutes les frontières,
• celle où chacun se sent maître de sa destinée,
• celle enfin où il est permis d’aller de l’avant sans être inquiété.
Il m’est ainsi venu l’idée de créer cette « New Frontier » où votre nation serait associée à la nôtre pour le plus grand bien de l’Humanité .
Cette coopération s’entendrait de la création d’une zone de libre-échange où nos deux nations feraient commerce équitable de cigares et de météorites, les libre-penseurs s’installant d’un territoire à l’autre, la salsa et le hip hop ondulant ensemble, et bien d’autres projets encore …..
Qu’en dîtes-vous, cher Maestro ?
Je reviens vers vous sous huitaine afin de pouvoir dégager les premiers éléments ou actions à mettre en oeuvre dans cet esprit de coopération.
JFK
REPONSE DE FC à JFK
Président,
Votre missive reçue ce jour me laisse quelque peu perplexe.
Ainsi, prétendez-vous unir nos deux nations sous une seule et même bannière étoilée !
Loin de moi l’idée de partager vos idées sur ce que vous appelez « The Great Destiny », voulant faire de vos concitoyens de riches voyous arborant, non sans une certaine arrogance, leurs cigares et lunettes « raybans », doublé d’un mépris certain pour les gens de mon peuple.
Contrairement à vous, j’ai l’intime conviction que l’esprit des libre-penseurs doit être confisqué, que la richesse accumulée des uns doit être redistribuée, que les palaces dont vous vous gaussez soient des lieux où pauvres et orphelins pourraient enfin se réjouir du destin que nous leur proposons au nom d’un seul idéal ; l’égalité pour tous et ce, grâce à ma vision du monde, celle que je partage avec Lénine.
Je regrette, Président, de ne pouvoir intercéder en faveur de votre proposition et ferai donc en sorte que tous les ressortissants de mon pays ne puissent communiquer avec vos concitoyens.
Trop d’individualisme nuit en effet à la collectivité et les idées subversives qui se répandent sur votre territoire n’atteindront en aucune manière ceux qui ont totalement adhéré au modèle de générosité que je leur propose.
Croyez bien, Président, que je reste fidèle à mes engagements et ne saurai me compromettre dans cette aventure insensée qu’est la « Great Destiny ».
Viva la Libertad !
F.C
Posté le 31.01.2007 par clameurs
«Le hasard fit que je me retrouvai en bord de mer, en train de marcher le long du rivage, lorsqu’un « quidam » vint à ma rencontre au volant de son hors-bord, arborant une fière allure et m’invitant à son bord pour me laisser griser par la vitesse de son engin.
Je respirai un grand coup de peur qu’il me fît marcher, virevolter et me précipita au bord de l’abîme, lorsqu’au hasard d’un virement de bord, un marsouin surgit au devant de l’étrave et nous fit l’invite de le suivre dans son sillage jusqu’ à épuisement de la machine, le hors-bord calant tant et plus pour se déclarer finalement hors d’état de marche.
Qu’est ce que ce qui ne marche pas, demanda le « quidam », soudain au bord de la crise de nerfs ?
Il tenta de nouveau de faire marcher son bolide infernal, mais ce fut peine perdue, et nous dérivâmes tant et plus vers une barrière de corail, au bord de laquelle se trouvaient des trésors enfouis depuis la nuit des temps.
Et si nous nous contentions désormais de marcher au gré des vents, suggérai-je timidement… ; le hasard fit que nous nous retrouvâmes sous une lune étincelante, faisant miroiter dans l’eau ses reflets hallucinants».
Posté le 30.01.2007 par clameurs
LETTRE D'ANNE
« Monsieur,
Six mois déjà que je n’ai pas vu la lumière du jour. Six mois déjà que je n’ai pas le droit de rire, de chanter, d’élever la voix. Six mois déjà qu’au moindre coup frappé à la porte de la maison, nous retenons notre souffle, craignant à tout moment qu’une dénonciation soit intervenue, notre cachette découverte, nos protecteurs, à qui nous devons tant, arrêtés, torturés, mes parents envoyés dans des camps…
Tout cela par votre faute. Je devrais vous haïr, mais je n’ai pas encore appris ce qu’était la haine. Si je pouvais vous faire disparaître comme on froisse un morceau de papier, qu’on le jette dans une poubelle, je le frais, pour que ce chaos que vous avez déclenché prenne fin, que tout redevienne comme avant, lorsque j’allais confiant à l’école avec mon petit frère dans les rues d’Amsterdam.
Mais je suis là, pauvre petite filles impuissante, et vous, vous vous terrez dans un bunker, vous hurlez des ordres de mort et de destruction, le béton vous sépare déjà du monde des vivants. Je n ‘ai aucune chance d’être entendue, aucune chance de vous émouvoir, vous qui avez juré la mort de ma race et de tout ce qui m’est cher.
Aussi je ne vous demanderai qu’une chose, prenez un miroir, regardez vous, longuement, profondément, dépassez la surface de vos traits, plongez dans le cœur de votre âme, enfoncez vous, … encore plus profondément, … contemplez le néant qui vous aspire, … regardez ces fleuves noirs de boue qui coulent dans votre âme, …. Laissez-vous entrainer, …. Laissez-vous couler, ….. Prenez votre revolver, … approchez le de votre tempe, regardez ces millions de fantômes qui s’approchent, menaçants, qui sont désormais tout proches, encore plus proches…. Votre tête explose, vous ne voulez pas les voir, vous êtes perdu, … appuyez sur la gâchette. «
REPONSE A ANNE
L’auteur précise en préambule que s’agissant d’une œuvre littéraire, il n’épouse en aucune façon les propos tenus par l’auteur de cette lettre, et que toute exploitation de ces propos hors de leur contexte serait considérée comme diffamatoire.
« J’avais bien raison de me méfier de toi et de ta race. Sale petite garce, tu as simplement voulu m’éliminer, tu as cru peut être que je me laisserais faire, mais je ne suis pas dupe de ta soi-disant innocence. Plus que jamais, toi et les tiens vous devez disparaître de la surface de la terre que vous souillez depuis des millénaires.
Tu as cru que je me dégoûterai de moi-même, mais lorsque j’ ai plongé dans le cœur de mon âme je n’ai pas sombré comme tu l’espérais, je suis resté l’être inflexible qui donne les ordres et ce que j’ai vu, ces cadavres décomposés, ces déchets humains menés à l’abattoir, ces formes déjà réduites à l’état de néant, m’ont au contraire convaincu de la supériorité de ma race et je suis remonté à la surface, j’ai hurlé des ordres et aussitôt sont partis vers Amsterdam mes soldats les plus fidèles, pour te chercher, toi et les tiens, dans toute la ville, pour t’extirper de ton trou, pour trouver cette cachette où vous vous terrez depuis trop longtemps, et demain, après-demain, la semaine prochaine peut-être, tu les entendras vraiment, ces coups tant redoutés frappés à ta porte, et dans un vacarme de fin du monde, ils viendront te chercher, t’arracheront à tes parents, t’emmèneront loin, très loin, et ton étoile à jamais retournera à la poussière.
Posté le 22.01.2007 par clameurs
Au bord d’un gouffre vertigineux, trois silhouettes marchaient péniblement, petites ombres entrevues par hasard par l’homme qui m’accompagnait.
Qu’étaient elles venues faire sur ce petit sentier, dans le froid et le brouillard qui commençait à descendre lentement sur la vallée, et qui les enveloppait déjà depuis de longues minutes.
Courbées sous le poids d’un lourd fardeau, luttant contre le vent qui, là haut, souffle en rafales et empêche de respirer, elles progressaient néanmoins régulièrement, tendues vers un seul but, parvenir au sommet du col et basculer sur l’autre versant avant la tombée de la nuit.
Je les imaginais, trois petites bonnes femmes toutes menues et toutes ridées, venues cueillir sur ces montagnes les fruits rouges amers dont les hommes de la vallée raffolent, dans ce bourg himalayen où les lumières scintillent déjà faiblement au loin.
Elles portent des châles multicolores sur de longues robes noires informes, à leurs pieds des sandales usées par tant de kilomètres sur les sentiers.
Lorsqu’elles parviendront au village, après 2 heures d’une descente épuisante, elles déposeront sans mot dire leurs ballots dans les maisons déjà plongées dans l’obscurité et chacune à son tour, ira puiser une louche de soupe brûlante dans l’énorme marmite en fonte accrochée dans l’âtre, qui mijote déjà depuis plusieurs heures, préparée par les autres femmes du village.
Et ainsi ces mêmes gestes, répétés à travers les siècles par leurs ancêtres, se reproduiront une fois de plus dans le grand silence de la montagne ;
on ne leur demandera pas comment ça c’est passé, on se contentera de constater qu’elles sont là, on leur fera silencieusement une place autour du feu, et elles reviendront ainsi progressivement dans le monde des humains.
Posté le 22.01.2007 par clameurs
L’hospitalisation de la contrebasse
Aïe ! ma corde …..elle a pété !
Que vais-je faire sans ma corde « cinquième » ? …..
Elle me donne le « LA », elle swingue , elle me fait vibrer toute entière et quand je la caresse avec mon archet, elle envahit toute la salle qui est comme suspendue à mes lèvres …., en attente de la prochaine vibration .
[Dialogue] « J’ai vraiment besoin de toi ma petite corde « cinquième » , j’ai envie d’avoir toutes les cordes à mon arc , je désire ardemment t’entendre vibrer encore et encore pendant longtemps…Allons voir le luthier pour qu’il nous mette sur la voie, et que nous puissions nous retrouver le plus vite possible » .
Le luthier m’ ausculta avec le plus grand soin , me fit rougir en pinçant une à une toutes mes cordes et , arrivant à la corde « cinquième » , me dit avec la plus grande gravité :
[Dialogue] « C’est une hospitalisation qu’il vous faut , pas moins …dans le silence le plus absolu ….de telle sorte que vous puissiez à nouveau faire vibrer vos flancs au contact de vos cordes et de votre archet …. ; vous retrouverez , assurément , Madame la Contrebasse, votre bel élan sous le doigté subtil de votre musicien , qu’ il s’agisse de « pizicatti » furtifs ou de « glissando » à l’infini »
Abasourdie, je rentrai dans mon épaisse carapace capitonnée de velours rouge et là , j’attendis le moment fatidique où le luthier m’embarquerait pour l’hôpital.
Mais quelle ne fut pas ma surprise, quelques heures après, arrivant en urgence dans ce lieu mythique de la Musique où tous les regards étaient tournés vers moi, à la fois pleins de commisération et de curiosité.
Quel était donc cet étrange et imposant instrument qui débarquait dans leur univers, pour se faire un ravalement de façade ? A coup sûr, il ne manquerait pas d’émettre un son lugubre qui les atteindrait au plus profond de leurs tripes, quitte à les faire chavirer.
Mais le luthier resta d’un calme olympien , observant tout autour de lui ce qui se passait , distribuant ses ordres à ses scalpels, sans mot dire, d’ un simple regard qui traduisait toute l’importance de l’opération : l’enjeu de sa réputation bien sûr , mais surtout , la recherche d’une vibration la plus sublime soit-elle , éminemment puissante et capable d’émouvoir tout ce beau monde resté quelque peu dubitatif.
Tout à coup, le scalpel s’immobilisa sur la corde « cinquième » d’où s’échappa un petit cri, lequel se transforma en plusieurs notes égrenées de-ci, de-là et se renvoyant les unes aux autres, tel un écho, au grand « dam » des autres instruments.
Venant ainsi d’être scarifiée, ma corde « cinquième » se mit de nouveau à vibrer sans modération sous la fibre de mon fidèle archet et, d’un jeu subtil , l’emporta sur tout l’espace qui l’entourait pour ne laisser de place qu’à un seul vibrato : « de battre mon cœur s’est emballé ».
Posté le 10.01.2007 par clameurs
Un joli matin bleu de début d’été lavé et propre, il sétait endormi tranquille,ses résolutions étaient prises.
J’ai trouvé l’incipit j’en trouve pleins des débuts sans fin Miss Prologue je m’appelle, l’effort est là le stylo,le papier et les mots se bousculent, je les oublie , les écrire tout de suite les écrits restent, me relire c’est lire mes manques et si je reste le bic en l’air dans mon cerveau invertébré se forment des images et le stylo reprend sa course sans ratures et dans un deuxième temps ce sera une relecture et la déception, le rejet la remise en cause le mépris corbeille et je me dis qu’au lieu de choisir mes mots j’abats des arbres, virtuellement vous comprenez j’abats, des arbres des montagnes d’arbres pour un mot mal choisi en aval et ma course vers l’amont d’où dégeulerait une rivière de mots où un delta s’ouvrirait comme un papillon lettré, des mots qui se transformerait en pages, de ces pages naitraient un livre que jamais je ne saurai lire, le but véritable n’est pas de se relire mais de recréer encore des mots qui de leurs propres cendres renaitraient comme encore le papillon de sa chrysalide elle-meme sur le fameux arbre et sa naissance est éphémère comme la sensation d’écrire quand le cœur bat, j’entends ses battements réguliers et cogneurs je suis la seule à le savoir et la main gauche du meme coté que la machine qui bat et tacle, la main est calme et tranquille le poing refermé sur lui-meme, la droite agit court, elle écrit, la fascination toujours pour ce cerveau qui décide, ordonne, l’obéissance courtisane de la main qui couvre le papier, le cerveau qui impulse comme le sang qui sourd et parcours les veines en circuit fermé pompant et repompant et mon rire devant les mots pompant pimpant pimpon et je dérive ver les pompiers les arbres que je voulais protéger et cela dérive vers d’autres connexions, arrêt de metro ou changement vers Auber ou Havre Caumartin il faut que je ressaisisse mon matin bleu.
Posté le 08.01.2007 par clameurs
Ecrire :
Il y a comme un moment où la pression monte : une vaste tempête d’impression, un besoin irrésistible où rien de concret n’existe, un moment où il n’y a que le vide. Et puis, tout d’un coup, alors que rien n’est prêt, ni le décor, ni les acteurs, ni le monde qui m’entoure ; comme pour une course de 400 m, à la seconde avant le coup de pistolet, quand dans les starting blocks tu fais le vide dans ta tête pour mieux te concentrer, alors …
Comme l’avion se pose, le stylo affolé court sur la feuille blanche en essayant de suivre ma pensée débordante, excitée, exaltée qui me prend lorsque la bousculade commence dans mon cerveau enflammée à l’idée de raconter l’histoire de gaspard qui lui est calme, puis surpris, un peu bête dans l’aéroport, avec son nounours dans les bras, plein de billets et lui qui ne le sait pas encore mais moi qui en rit car je connais la fin de l’histoire qui s’entasse dans ma tête pour passer comme dans un entonnoir de ce stylo lent comme une vieille tortue épuisée qui prends le temps de coucher les mots en belles lettres alors que Gaspard déjà risque sa vie et devrait courir vite se mettre à l’abri, car j’en ai besoin, car, s’il meurt l’histoire va s’arrêter, alors il faut qu’il soit fort, intelligent ou du moins assez malin pour semer ses poursuivants et me donner une chance de le sauver et lui donner l’opportunité de gagner tant de fric qu’il va pouvoir retrouver Kanine dans son voyage en Egypte dans le prochain chapitre et s’il n’y a pas assez d’adjectifs, ce n’est pas grave car je les rajouterai après, à la seconde écriture quand les phrases seront posées prêtes à les recevoir dans leurs bras grands ouverts pour compléter l’histoire de cette homme idéal qui n’est pas James Bond mais quand même le vainqueur, le contraire de la médiocrité du péquin habituel que je ne souhaite pas représenter de ma plume qui est un stylo et me permet de raconter une aventure particulière où l’on gagne de l’argent sans travailler, sans jouer au loto, sans spéculer sur la bourse ou les matières premières mais en récupérant l’argent qui n’intéresse personne et me permettre enfin de terminer ce chapitre et me donner cette espèce de bonheur qu’une histoire simple et bien balancée offre à l’homme qui se pose ENFIN en avion avec à la main un stylo presque vide et un papier noirci de caractères qu’il faudra recopier pour les rendre lisible.