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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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Christina : Tirage Incipit et chute

Posté le 13.05.2007 par clameurs

.
Bon, ça va ! je ne veux plus entendre parler de cette histoire ridicule…
Tu venais de rentrer dans la classe, telle une « Bouboulina » mal fagotée, la jupe plissée pleine de craie et le corsage maculé de tâches d’encre. Tu t’étais mise dans la tête que face à une classe de cancres, tu finirais par déclencher quelque enthousiasme et que du lot de tous ces garnements se détacherait un jour avec talent l’un d’entre eux, une voix de contre-ténor capable de galvaniser tout un auditoire.

Tu brandissais soudain ton pauvre diapason comme une arme, donnant le «la» pour que toute la classe reprit la même note en chœur. Un brin appliqués, les élèves t’emboîtèrent le pas, lorsque tout à coup, un coassement géant surgit du fond de la classe et se répandit peu à peu dans les rangs ; les élèves, restés quelque peu interdits à l’amorce de ce son incongru, renchérissaient de plus belle, à mesure que tu leur demandais de se taire.
Gloussements, fou-rires, coassements, chuintements fusaient de toutes parts, si bien que tu optas pour laisser libre cours à cette fantaisie incongrue qui se généralisait et transpirait maintenant par delà les murs de l’école.
L’adhésion à ce tintamarre était maintenant totale, aussi ton visage de belle Bouboulina passa par toutes les couleurs ; verte de colère puis rouge de confusion, teintée de plaisir non dissimulé, jusqu’à devenir écarlate… quand le proviseur pénétra dans la salle de classe.

Tout d’un coup, les coassements cessèrent, les sons devinrent moins fracassants, puis une voix s’éleva dans l’air, emplie d’une vibration profonde qui retentit dans toute la classe jusqu’à en donner la « chair de poule ». Tant de résonance laissait chacun comme pétrifié, jusqu’à ce que tu te précipitas sur l’estrade, te mettant à danser avec frénésie au rythme et au son de toute la classe, désormais réunie autour de cette voix de stentor magnifique qui avait émergé d’un amas de coassements les plus grinçants.

Ainsi était né le cri de ralliement des « Old Blacks » ; on n’aurait jamais pu imaginer un instant que les choses se termineraient ainsi, ce jour-là. »
.
.

Christina : Haïkus

Posté le 03.04.2007 par clameurs
L'HIVER

Mes doigts sous la neige
Engourdis, bientôt inertes
J’ai froid, je grelotte.

Calme et reposé
Manteau à perte de vue
Neige immaculée.

Vent souffle, blizzard,
Je tire sur ma capuche
Une feuille me cingle.


LA VILLE

Que ce soit Lutèce,
Le « rat race » ou les paillettes
Paris, c’est inouï.

Victoria Station
Débarquent des gens de toutes parts
Tout est noir de suie.

Un réverbère luit,
Une sirène, au loin, crie,
Minuit, l’heure du crime.



03/04/07

Ariane : Haïkus

Posté le 01.04.2007 par clameurs

L'HIVER

Long chemin tout blanc
tourbillons de flocons
loin, un enfant joue

Montagne sans fin
crépuscule enneigé
un homme s’agenouille

Arbres effeuillés
oiseaux à plumes mouillées
bel hiver glacé


LA VILLE

Ville endormie
sur le bitume défoncé
s’envole la pluie

Rue de seine ce soir
cœur brisé et désespoir
regard qui se pose

Long quai de gare
manteau de brume, café noir
une femme s’enfuit

Valses magiques
larmes de pluie et féerie
Vienne s’assoupit



le 1/4/07

Ariane : Dialogue spectacle II

Posté le 01.04.2007 par clameurs
FIN DE SOIREE

Il y avait foule à la sortie du théâtre.

Anne fulminait déjà, à l’idée du temps qu’ils allaient mettre pour récupérer la voiture, garée à l’opposé.
- Mais non cela ira vite, ne t’inquiète pas la rassura tout sourire son mari Richard, visiblement très satisfait de la pièce qui venait de se terminer.
J’ai beaucoup aimé la scène finale, ajouta-t-il, sans sembler s’apercevoir
qu’Anne s’énervait de plus en plus ;

Elle paraissait, en effet, davantage absorbée par son idée fixe, rejoindre au plus vite la voiture, que par le spectacle à présent achevé.
Boff,boff, il s’est pas trop foulé le mec pour écrire ce texte - un peu tiré par les cheveux, dit elle, en haussant les épaules et en piétinant sur place.

Elle tentait désespérément de dépasser une femme qui ne cessait de rire avec sa voisine et qu’Anne qualifia immédiatement, selon ses critères souvent expéditifs et radicaux de «véritable éléphant».

- Mais regarde cet éléphant, répéta-t-elle à Richard suffisamment fort pour que l’autre se retourne et la foudroie du regard.

Richard soupira :
Quelle rabat-joie, c’est toujours la même histoire avec elle, négative, en permanence, stressée, elle commence vraiment à m’agacer, et en plus elle est mal élevée - je sais plus où me mettre, moi, se disait-il en tentant de garder son calme.

Richard se tourna vers sa femme :
- Ecoute, arrête un peu de t’énerver. Il y a des choses plus graves dans la vie quand même. Tiens regarde l’affiche là-bas, c’est une pièce qui sera présentée le mois prochain - si tu veux on pourrait venir la voir, j’ai lu de très bonnes critiques.

Anne, le regard droit devant elle, mâchoire et lèvres serrées, sentait la colère monter en elle en écoutant son mari lui asséner ses considérations intellectuelles, alors que l’heure tournait et que ses enfants attendaient le retour de leurs parents, à la maison avec une baby Sitter de fortune qu’Anne avait immédiatement jugé, toujours selon ses critères radicaux, comme très peu « fut-fut », jusqu’à imaginer, a cause de ses piercings, qu’elle utilisait sûrement des substances illicites, donc dangereuses pour s’occuper des enfants.

Ne pouvant plus maîtriser l’anxiété qui la submergeait, elle se mit à hurler, au milieu du hall du théâtre et avant même d’atteindre la sortie :

- Avec toi, de toutes façons, il y a toujours des choses plus importantes dans la vie !

Et se plantant devant lui, son regard d’acier lançant des éclairs, elle continua à vociférer d’une voix de plus en plus aiguë :
- Je me fous de ton affiche, de ton théâtre, de ta culture – je me fous de tes grands airs d’intello, moi je veux rentrer à la maison et retrouver la voiture, la voiture, tu entends la voiture – tu te fous de tes gosses, monsieur-je-sais-tout, et en plus tu traînes la patte exprès – je te déteste et je vais prendre un taxi .

Les derniers spectateurs s’étaient arrêtés, médusés face à l’ouragan qui se déchaînait devant eux. Anne continuait à gesticuler comme un pantin désarticulé, et sa voix de se fracasser sur les murs. Richard, atterré, désarmé, fit une tentative ultime pour tenter de calmer les nerfs visiblement à vifs de son épouse
- Ecoute Anne, tu es ridicule, tout le monde nous regarde ! Tout cela a cause de tes enfants. Tu peux arrêter de te faire des scénarios qui n’existent que dans a tête !

Les mots de Richard n’eurent comme effet que de décupler davantage la colère d’Anne qui envoya un coup de pied magistral dans la porte vitrée du théâtre, hurla un « t’es qu’un con « grandiose avant de finir par laisser son mari, abasourdi, au milieu du hall, seul et visiblement anéanti par les regards qui le fixaient sans ménagement.

Anne s’était déjà engouffrée dans un taxi.

Robert : Gaspard

Posté le 14.03.2007 par clameurs
Extrait de « Gaspard »

Gaspard

« Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler des mouches »
Gaspard, c’est la tête de Turc du maître. Quand il est après Gaspard il nous laisse tranquille.
« Gaspard, comme tu l’aimes l’ouvrir cette bouche, viens donc réciter la leçon »
Nous, on la ferme cette bouche, notre bouche et on baisse la tête.
Gaspard, il est dans le fond de la classe et je ne le vois pas. Mais je l’imagine : Assis, la bouche ouverte, comme étonné, surpris. Dans mon esprit, il est assis la bouche ouverte, il ne respire même pas ; Les mouches viennent se poser sur le bord de sa bouche, chacune sur une dent ; Et quand il entend le maître : Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler des mouches » Alors il la ferme tout simplement ; Et les mouches s’envolent.
Oh ! Pas toutes, il doit en avaler une de temps en temps.
« Vous imaginez ? Non ! Je ne crois pas ! Car aujourd’hui il n’y a plus de mouches…


Histoire d’un enfant de 6 ans

Noël, le ciel est rouge, vraiment bizarre pour cette période de l’année. Mais Noël n’est il pas bizarre par essence : Il se passe tant de choses surprenantes et tant de gens en attendent un miracle que plus rien ne devrait plus nous sembler bizarre ce jour là.

Ce soir le père Noël va passer et le petit garçon est assis face au sapin. Il attend depuis des heures. Enfin le soleil se cache derrière l’horizon et les guirlandes se mettent à briller de tous leurs feux, clignotantes. Elles plongent de temps à autres la pièce dans une obscurité étrange.

Le petit garçon assis en tailleur regarde fixement le sapin attendant son cadeau. Au 7ième coup de minuit, voila le noir absolu. Au 12ième le père Noël est là brillant comme un Transparisi, les yeux rougeoyant
Le petit garçon est satisfait et le regarde :
« Enfin ! Tu es là !
- Tiens voila ton cadeau.
- Eh, c’est tout petit !
- Mais c’est ce que tu as exigé. N’est ce pas ?
- Oui, c’est vrai.
- Alors salut ! »
Le petit garçon attrape la boite minuscule surmontée d’un énorme ruban. Il en avait rêvé depuis si longtemps…

Précipitamment Il ouvre et plonge immédiatement sa main dans sa bouche pour ajuster la dent: La dent magique.



Il était donc une fois un petit garçon de 6 ans qui avait une dent magique.
Quand il mangeait quelque chose, au lieu de faire comme vous et moi, il l’approchait de sa dent magique. Ce petit bout de pomme ou ce morceau de pain au contact de la dent magique se transformaient immédiatement en bonbon. Un bonbon sucré, doux, merveilleux qui lui procurait un plaisir permanent dont il profitait à chaque moment, tous les jours de la semaine, toutes les semaines du mois et ceci depuis des années.
Il avait tout essayé, toute la gamme permise par cette dent miraculeuse : le Pimousse, la fraise Tagada Haribo, toute la gamme des malabars, menthe, tutti etc., les Michokos, les Kremas, les Werthers original, les Ricola, Les vichy à la menthe, à l’anis, au citron, les Michoko etc. Une liste complète serait impossible à établir et remplirai plusieurs volumes.
En fait il ne mangeait plus que çà tellement il adorait les bonbons. Avec cette dent magique il vivait le summum du bonheur pour un gourmand.

Mais attention on ne mange pas ainsi impunément des bonbons à longueur de journée…

Finalement, le petit garçon de 6 ans eu la bouche pleine de caries et il fut bien obligé d’aller voir un dentiste.



Allongé sur le dos dans le fauteuil du dentiste il ouvre la bouche. Les dents bien alignées sont noires, pourries, usées, cariées jusqu’à la gencive.
« Vos dents sont en très mauvais état. Je peux les réparer. Mais, mon petit, si je les soigne tu vas avoir mal, très mal. Mais tu as de la chance, j’ai une autre solution. Si tu me donnes ta dent magique, toutes tes dents guériront dans la minute et tu n’auras plus mal. Au contraire si je te les soignes tes affreuses dents tu vas endurer une souffrance terrible. Tu vas avoir très mal ! Alors choisis !

Le petit garçon imagine déjà le dentiste son mini marteau piqueur à la main. Il a un rire démoniaque et creuse dans la pulpe de sa dent, celle qui est en bas à droite. Le bruit est strident, sa mâchoire vibre atrocement jusqu’au moment où l’engin touche le nerf. Une douleur atroce, inimaginable et violente irradie tout son corps et le dentiste la bouche grande ouverte, les dents complètement en désordre et totalement pourries, le pus coulant en abondance de ses dents dit ricanant : C’est la première ! Passons à la suivante !
Pour boucher la dent le dentiste prépare un produit bizarre. Il est rouge comme la lave. Il va couler cette matière imprévisible dans la dent qui si elle résiste sera immanquablement transformée pour la vie faisant de sa mâchoire, la plus vilaine mâchoire de toute la classe.

Le petit garçon n’a pas envie de souffrir. Il ne veut pas endurer cette épreuve pour réparer toutes ses dents une à une. Mais il adore les bonbons. Il est triste à l’idée de ne plus pouvoir en manger. Il réfléchit longuement. Alors il demande au dentiste :
« Si je vous donne ma dent magique alors je ne pourrai plus déguster de bonbons. Donner moi quelque chose à manger pour que je puisse en profiter une dernière fois, juste une dernière fois...
- Mais oui, mon petit, tiens ! attrape le bout de pain qui est sur le bord de mon bureau !
- Mais ? Ce morceau de pain ? Ce n’est pas possible !

Au bord du bureau couvert de poussière, sur la droite du tas de dossiers jaunis par le temps qui s’apprête à tomber, au milieu d’ un désordre indescriptible, abrité sous des toiles d’araignée se trouve un morceau de pain sec et rassis qui attend ici depuis des années. Deux petits vers pointent leurs têtes et la remuent tranquillement en indiquant que l’endroit est déjà habité.
Le petit garçon s’approche. Juste derrière le morceau de pain, cachée par les toiles d’araignée et la poussière qui les recouvre se trouve un énorme arachnide velu à souhait, les longues pattes étendues, il s’étire. Il vient juste de se réveiller et se déplace lentement menaçant.

Ce morceau de pain est vraiment repoussant et le petit garçon a un haut le cœur. Il entend le dentiste qui lui répète :
« Si je te soigne les dents tu vas vraiment avoir mal, très mal. Alors choisis ! »

Le petit garçon n’a pas du tout envie d’avoir mal et il ne veut pas subir cette épreuve. Il voudrait bien goûter une dernière fois un bonbon. Il en rêve, il soupire. Enfin, il tend la main. Elle tremble. Il saisit le morceau de pain. Il le soulève et l ‘approche de sa bouche.
Le premier ver touche la dent magique et se transforme immédiatement en un petit bonbon au goût de fraise des bois fin et savoureux qu’il déguste avec un contentement extraordinaire. En touchant la patte de l’araignée, elle se transforme en un Marshmallow couvert de sucre glace parfumé à la framboise qu’il avale avec une bouffée de plaisir; une sorte d’allégresse intense parcourt tout son corps. Il dépose dans ses muscles des hormones qui le mettent dans un repos, une relaxation totale et le prépare à un sommeil réparateur peuplé de rêves merveilleux.

Le dentiste le rappelle à la réalité :
« Si je te soigne les dents tu vas vraiment avoir mal, très mal mais si tu me donnes ta dent magique les autres guériront immédiatement »
Le petit garçon comprend qu’il n’a pas le choix. D’une voix triste et affaiblie, il dit :
« Allez y. Prenez là ! »

Le petit garçon a la bouche ouverte et le dentiste une pince à la main commence à tirer sur la dent. Il tire, tire. Pour mieux l’extraire il monte sur les genoux du petit garçon et tire de toute sa force. Mais on n’arrache pas une dent magique comme çà. Elle résiste... Pendant une heure, il ‘échine et sue à grosses gouttes, tirant, poussant en grognant méchamment.

Le dentiste épuisé, déçu le regarde :
« Non, je ne pourrai pas l’arracher comme çà cette dent magique. Il va falloir utiliser des moyens plus radicaux ! »
Il ouvre une porte derrière laquelle se trouve tout un fatras de matériel de chantier.

Le petit garçon ouvre des yeux désespérés.

« Ça ne sera sûrement pas nécessaire », dit une voix forte derrière lui. Ce n’est pas le dentiste qui parle mais un homme qu’il reconnaît à ses yeux rougeoyant et à sa silhouette brillante comme un Transparisi. C’est lui qui était venu cette nuit de noël il y a plusieurs années et qui lui dit :
« Il n’y a qu’une seule solution si tu veux guérir tes dents, tu vas devoir promettre de ne plus jamais manger de bonbon. Sinon… il peut te les soigner…
- Non, c’est OK. Pas de problème, je ne mangerai plus de bonbons, jamais plus. C’est promis !
Alors, Il lui prend la dent dans la bouche sans aucun effort, la glisse dans une boite minuscule, ajuste un ruban énorme et dit :
« On ne sait jamais, çà peut encore servir… Allez souris ! Tu es guéri. Regarde toi dans la glace.
- Oh, mes dents. Elles sont blanches, belles, parfaites. Oh, merci. Mais ? Ma dent magique, elle a disparu !
- Mais tu ne devras plus manger de bonbons, sinon… » Et sur ces mots, il disparaît.

Le petit garçon ne mangera plus de bonbons. Il a compris. La dent magique a disparu, ses dents sont parfaites et n’auront jamais de carie. Mais il gardera une toute petite anomalie : les mouches, oui les mouches, elles viendront les mouches elles aimeront se poser sur ses dents.
Et il entendra longtemps:
« Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler les mouches. »

Robert : Dialogue, spectacle II

Posté le 14.03.2007 par clameurs
- Dis donc, Didier, t’a vu l’heure ?
- Oui
- T’es bien souriant ce matin !
- Oui, pas mal, j’étais avec Elisabeth
- …
- Tu ne sais pas ?
- …
- Il faut que je te raconte: Je suis allé au spectacle hier soir au grand stade. A la fin comme on sortait j’ai vu Jules et Elisabeth. Il y avait un monde fou et comme j’essayais de m’approcher d’eux dans la foule, je les voyais qui discutaient. Elle parlait de soixante milles personnes et lui de six cents mille. Ca m’a semblé beaucoup. Le stade est grand mais six cents mille spectateurs ! Bah, pourquoi pas ? Il y avait vraiment du monde…
Jules était à deux mètres quand ils se sont mis à discuter de façon animée.
« Ca t’a plu » il lui a demandé gentiment
« Oui, pas mal » elle a répondu l’œil morne
« Génial » il lui a répondu enthousiaste
Et alors il aurait fallu que tu sois là quand Jules a parlé des femmes qui attaquent la galère. La gueule d’Elisabeth. Il lui a fait une sacré description, il était tout émoustillé. Elisabeth, elle faisait une tronche. Il a commencé en disant qu’elles galopaient comme des gazelles, grandes, musclées, des vraies femmes. Elisabeth qui est toute petite, tu imagines…
En l’écoutant, j’ai cru un moment que ces gazelles, elles portaient des talons hauts et des jupes courtes et que c’étaient toutes des mannequins ; surtout quand il lui a expliqué qu’il les avait regardé avec des jumelles.
Alors Elisabeth, elle est devenue écarlate, rouge comme une tomate : « Ecoute, arrête un peu ! C’était nul. Le plus nul, c’était la galère et ces filles mal coiffées, mal fagotées qui attaquent une galère. C’est invraisemblable » a hurlé Elisabeth en sautant sur place. Et elle te l’insulte : « Cochon obsédé » Et elle lui file des coups de pieds. Tu sais avec ses talons rouges criards, vachement haut, qu’elle porte tout le temps.
Et lui, il était là : « Aie, arrête, çà fait mal. »
Et elle continuait : « Salaud, bandit, obsédé vulgaire, gros nul »
Cà a duré un bon moment, il se prenait des coups de pied, elle l’insultait. Il se prenait des coups de pieds, elle l’insultait.

Et puis, il lui a mis une baffe, sans un mot.
A ce moment là, j’ai cru qu’on l’égorgeait ; elle hurlait comme une truie à l’abattoir : « Appelez la police, bandit tu vas aller en prison, tu les baiseras plus ces sauvages. »
Et puis il s’est tiré. En 10secondes il a disparu.

Alors moi, tu me connais, bon samaritain, j’ai été la consoler…

Didier : Texte personnel

Posté le 11.03.2007 par clameurs
La jeune fille aux capuches

Récit d’une brève rencontre ; oh peut on appeler cela une rencontre, ce fugitif instant où deux paires d’yeux se croisent, échangent une interrogation muette et comme désespérée, puis comme les derniers éclats d’une étoile qui se meurt, retournent à jamais dans l’indifférence grise du petit matin…..

7h48 ; par quel hasard retrouver dans un train une jeune fille qui vous a ému un matin, quelques jours auparavant ? lorsqu’il y a, en ces jours de semaine et à ces heures de pointe, un train toutes les dix minutes, une douzaine de wagons bien remplis ; comment la retrouver, et si par miracle il la retrouvait, par quel miracle s’asseoir à ses côtés, ou mieux, en face d’elle, pour mieux la dévorer du regard, à la dérobée, bien sûr ….

7h49, miracle, elle est visiblement abonnée à son siège comme autrefois les bigotes réservaient leur prie-dieu au premier rang de l’église, juste devant monsieur le curé….. tout de même, se retrouver juste en face d’elle, la situation rêvée, idéale, et sur une banquette de quatre où, étonnante coïncidence, personne n’occupe les deux sièges contigus, comme si chacun avait pu en soi-même deviner que ces retrouvailles devaient se passer sans témoin, dans l’intimité blafarde du lever du jour.

Il faut dire qu’il n’avait pas eu grand mérite à la trouver : même wagon, même heure, même place, et mieux encore, mêmes vêtements, des vêtements qui donnent envie de réchauffer ce frais petit minois emmitouflé dans une tenue de sport d’hiver bariolée et chou au possible ;
Cette fille l’émeut visiblement, si fragile dans ce monde de brutes, ce monde de cadres qui partent au boulot exercer leur sévère mission sans un regard vers ce qui représente la fragilité de notre univers, des brutes dont combien ont finalement peut être un cœur d’artichaut aussi tendre que le sien ? Elle porte, et cela l’a de suite frappé, une harmonie magique de couleurs et de texture entre un bonnet, un gros bonnet de grosse laine multicolore, une longue écharpe et des gants du même ton. Et par-dessus le bonnet, deux capuches, oui deux capuches superposées en un unique assemblage de trois couches par-dessus un adorable petit minois à moitié mangé par de longs cheveux blonds qui laissent néanmoins apparaître, comme des perles perdues, deux yeux délavés et une lippe boudeuse.

La semaine dernière déjà, elle portait ce même attirail ; l’hiver est doux, elle ne porte donc pas ces protections contre le froid ; s’est elle lavé les cheveux, peut être n’a-t-elle pas eu le temps de les sécher, oui c’est cela, elle cherche certainement en s’emmitouflant ainsi (quel beau mot, s’emmitoufler, si a propos, on a envie de se pelotonner dans sa couette rien qu’en l’écrivant) à accélérer le rythme de séchage ; à moins que ce ne soit un appel, un appel déguisé d’une jeune fille qui se noie et cherche désespérement à attirer le regard, à provoquer, par une tenue décalée, mais sans exposer son corps aux regards ?

Tempête sous un crâne : que dire, que faire, la prendre dans ses bras pour la réchauffer, lui écrire un petit mot, mais comment le lui passer, et que mettre dessus : mademoiselle, voulez vous que je vous réchauffe ? ou juste essayer d’attraper son regard, lui sourire, tenter de lui faire passer le message que derrière le costard - cravate, derrière la mallette et ses dossiers, il y a aussi un homme qui se comporte en ce moment aussi timidement qu’un jeune homme de son âge ; mais au fait, quel est son âge, et que fait elle dans ce train qui nous amène à la Défense ? Elle ne va pas travailler, ce n’est pas une tenue pour travailler cela, sauf si c’est un stage, oui un stage de fin d’études peut être … A moins qu’il ne s’agisse d’une étudiante, oui une étudiante en université, oui, dix huit, dix neuf ans, probables ; il en a le double, vers quels chemins tortueux son esprit ne s’égare t’il pas devant cette Lolita dont il pourrait être le père…. Oui, pas sain, pas méchant certes mais pas sain, on sentirait presque cette atmosphère qui préside dans Mort à Venise où le narrateur croise dans l’ascenseur de l’hôtel le jeune garçon gracile, à ceci près que ce garçon était, lui, en maillot de bain…..

Grand soupir, il est sans doute préférable de se plonger dans la rédaction d’un passionnant mémo dont il a bien sûr déjà perdu le thème; rester concentrés, allez un dernier regard, hop, furtif, oh zut il a croisé le sien, son regard était probablement déjà celui du cadre sans pitié, à moins que ce ne soit celui du chasseur, elle n’ y a vu ni amour, ni beauté, ni demande, ni supplique, elle a vite détourné la tête, elle s’était trompée probablement, cet homme que voilà n’était vraiment pas celui qu’elle avait imaginé entre apercevoir tout à l’heure quand il la dévorait des yeux et qu’elle faisait semblant de lire 20 minutes.

8h 15, Paris la Défense, il fait tomber son stylo, semble t’il pas exprès, elle le ramasse, le lui tend, leurs yeux se croisent à nouveau, il lui dit merci, sourit, la foule les emporte loin de l’autre et lui reviennent à la mémoire ce texte chanté par Maxime le Forestier :

« je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qu’on ne retrouve jamais

S’il-vous-plait, si vous croisez un jour une minette avec un bonnet et deux capuches, c’est certainement elle ; ne soyez pas timides comme cet homme ; donnez lui un petit papier avec son numéro de portable où il y aura écrit : « appelez ce numéro, dites que vous êtes la fille aux capuches, vous aurez en ligne un homme tombé fou de vous ».

Suzanne : Texte personnel

Posté le 11.03.2007 par clameurs
Dépression

Encore une fois, elle sentait cette étreinte insupportable. Cela commençait toujours de la même façon. D’abord, elle avait la sensation d’étouffer, une impression de malaise. L’esprit se mettait alors à fonctionner au ralenti, les mots sortaient de travers, les trous de mémoire se multipliaient jusqu’à la phase ultime, le black out : plus d’idées, plus de pensées, plus rien. Juste un rideau noir impossible à soulever. Puis venait l’enserrement de tout son être. Ses muscles se paralysaient. Elle se momifiait. C’était étrange, comme si toutes ses fonctions vitales s’arrêtaient. L’esprit ne pouvait plus penser, le corps ne pouvait plus bouger. Et pourtant, elle pouvait toujours souffrir. Elle pouvait toujours sentir les spasmes qui secouaient son ventre et comme deux crochets enfoncés dans ses tripes, deux crochets liés à un fil tendu, tendu pour la traîner, tendu pour la tirer, tendu pour lui retourner le ventre et lui donner l’envie d’hurler ou de vomir dans les bons jours et de tout arrêter dans les mauvais jours.

Les larmes arrivent dans ses yeux en même temps que le spasme libérateur. Ca y est c’est fini. Elle pleure un bon coup mais pas trop, sinon cela se verra et on lui posera des questions. Elle ne peut jamais pleurer jusqu’au bout. A cause des enfants, à cause du mari, à cause la famille, à cause des voisins, à cause de la sortie d’école, à cause du rendez-vous professionnel, à cause de la sale tronche bouffie qu’elle aura et qu’elle ne supporte pas.

Elle respire profondément, les yeux fermés. Le calme prend le dessus. Elle se redresse. Elle sent déjà les courbatures, surtout dans la nuque et les épaules. Les deux crochets sont toujours là mais ils font moins mal, il y aura moyen de les oublier. Son âme est grise et délavée, sa pulsion de vie se réveille.

Comme à chaque fois, elle est retournée à sa vie. Elle a lancé une machine et étendu le linge, elle a fait les courses et vidé le lave-vaisselle, elle a mis la table et fait la cuisine, elle est allée chercher les enfants et les a fait goûter, elle les a écouté et elle les a consolé, elle les a lavés et elle les a nourris, elle les a grondés et forcés à ranger leur chambre, elle s’est occupée de leurs devoirs et leur a fait répéter encore et encore les tables de multiplication sans s’énerver, elle leur a lu une histoire et elle les a câlinés, elle les a embrassés et elle les a couchés, elle a souri à son mari, elle a mangé de bon appétit, elle a fait l’amour, elle a lu son livre et puis elle s’est endormie.

Cette vie simple lui paraît pourtant dure. Elle pense qu’elle n’ira pas jusqu’au bout. Trop de douleurs dans sa tête, dans sa chair, dans ses muscles et ses viscères. Elle a l’impression de vivre sous terre. Elle est constamment dans le noir. Alors elle rêve de lumière, d’espace et de couleurs.

C’est drôle la vie. Tous ces rêves d’enfants, où disparaissent-ils ? Où les a-t-elles abandonnés ? Existe-t-il une décharge de rêves d’enfants ? Que s’est-il passé ? Comment les a-t-elle oubliés pour construire son cercle de tristesse dont elle n’arrive pas à s’évader?

C’était un jour comme les autres : triste, morne et monotone. Il est vrai que les deux crochets avaient commencé à lui tenailler le ventre dès le réveil et qu’elle s’était enfermée dans son cercle de tristesse au saut du lit. Il est vrai qu’elle avait commencé la journée avec une envie irrépressible de pleurer qui lui serrait la gorge et un besoin fou de hurler et de tout casser. Et puis l’étreinte a commencé. Lentement elle a senti ses muscles un à un se refermer l’enroulant sur elle-même. La respiration est devenue difficile. Son corps devenait tellement raide qu’elle a dû s’allonger. Sa raideur digne lui évoque une momie. Elle sent le lent processus de paralysie qui se met à l’œuvre refermant sur elle, une à une, chacune de ses cellule. Elle pense que bientôt elle ne pourra plus respirer. La panique la saisit un instant : elle a toujours détesté l’idée de mourir par suffocation. Et puis elle pense aussi que tout pourrait arrêter : fini les crochets dans le ventre, la solitude qui vous prend à la gorge, la charrue à traîner et le souterrain. Et pour la première fois, elle ne pense pas aux autres. Elle les oublie. Sa pensée est tendue vers une trêve possible, la paix enfin. Et elle décide de laisser ses muscles continuer de se refermer et d’arrêter de respirer.

Ariane : Dialogue, spectacle

Posté le 07.03.2007 par clameurs
-Elle : bon, maintenant, il va falloir aller récupérer la voiture, cela va mettre des heures --- on n’est pas rentré !
-Lui : mais non, cela va aller vite, t’inquiète pas – j’ai beaucoup aimé la scène finale, je m’attendais vraiment pas à une chute pareille !
-Elle : moi non plus mais c’est quand même un peu tiré par les cheveux cette histoire --- il s’est pas trop foulé pour écrire cela le mec --- t’as vu le monde, c’est dingue –
-Lui : qu’est ce que tu es rabat-joie parfois, toujours négative --- au niveau des comédiens, je suis désolé, c’est du grand jeu d’acteurs, on ne peut pas le nier quand même –
-Elle : oui si tu le dis --- regarde celle la devant, elle marche comme un escargot – cela me tape sur les nerfs et y’a trop de monde, on peut même pas la dépasser – toutes ces sorties, cela finit par coûter cher compte tenu du temps qu’on met à rentrer
-Lui : écoute, arrête un peu de t’énerver ce n’est pas très grave quand même – y’a des choses plus importantes dans la vie !
-Elle : pas grave ! Avec toi il y a toujours des choses plus importantes dans la vie --- mais pour l’instant ce qui est important c’est de retrouver la voiture et de rentrer à la maison – bon il est ou le parking ? À gauche ou a droite ?
-Lui : oh regarde le mois prochain il joue une autre pièce – j’aimerais bien la voir – j’ai lu de très bonnes critiques – t’as vu l’affiche ?
-Elle : écoute, je me fous de l’affiche, c’est franchement pas le moment de me parler de l’affiche – il faut rentrer et vite – c’est quoi le numéro de la place de parking ? Je suis sûre qu’a force de regarder tes affiches t’as oublié le numéro, comme d’habitude – et qu’on va tourner dans le parking pendant des heures …
-Lui : j’ai rien oublié du tout ma petite dame, c’est le numéro 3845 --- tu as bien entendu 3845 --- tâche de t’en souvenir des fois que je perde la mémoire entre l’ascenseur et la voiture --- la tu commences à m’agacer – calme toi, ce serait une bonne idée
-Elle : je suis pas énervée du tout – je constate simplement, mon petit monsieur, qu’à chaque fois tu fais le même scénario – tu planes au dessus de la planète, tu te fous des réalités et en plus tu regardes tes affiches et tu traînes la patte !!!
-Lui moi je traîne la patte ?
-Elle parfaitement tu traînes la patte et on met des heures avant de rentrer
-Lui allez vas y pique ta crise --- cela nous changera – la crise de madame est arrivée ! écoutez bien, la crise de madame est enfin arrivée !
-Elle oh écoute maintenant cela suffit– arrête de prendre tes grands airs de monsieur « je sais tout et j’ai toujours raison « sinon je te plante la devant ton théâtre et tes affiches et je prends un taxi. Et parle moins fort s’il te plait – tu me fatigues
-Lui eh ben ma cocotte, prends donc un taxi - tes menaces ne m’impressionnent pas – prends un taxi comme cela j’aurais la paix 5 minutes et je regarderais mes affiches sans entendre ta charmante voix susurrer des infamies sur la culture théâtrale de notre beau pays !
-Elle et en plus tu oses te payer ma tête – et ben je te dis moi que tu n’es qu’un pauvre mec, imbu de ta petite personne, et que ton affiche je vais la déchirer et te la coller sur la figure.
-Lui ma pauvre fille, parfois tu déraisonnes complètement –tu t’énerves toute seule dès qu’on fait quelque chose d’intelligent ce qui a avec toi est assez rare, je dois le reconnaître … !!!
-Elle alors la attention --- attention , fais attention de ne pas trop pousser le bouchon – je suis peut être la nulle de service face à ton intelligence grandiose mais moi je me préoccupe de mes enfants qui pour l’instant, je te le rappelle sont à la maison avec une nana que je ne connais pas et qui ne m’a pas l’air très fut fut – sans parler du prix qu’elle demande pour se vautrer devant la télé ou pour appeler ses copains en attendant qu’on rentre – mais bien sur cela ne te concerne pas toi être suprême – ce qui compte ce sont tes affiches- tes gosses tu t’en fous – je l’ai toujours dit de toutes façons – moi je suis sans doute inculte mais au moins j’assume mes fonctions de mère responsable … MOI
-Lui bon tu vas commencer par arrêter de hurler comme une malade – et puis de faire des drames pour rien du tout selon ton habitude – la nana , elle va pas bouffer les enfants quand même –
-Elle et MERDE je t’ai pas dit qu’elle allait les bouffer mais je t’ai déjà dit qu’elle est bizarre et que son look me convient pas – mais pas du tout – je suis sure qu’elle se drogue et j’aurais jamais du accepter qu’elle garde les enfants – ce n’est pas du tout mon style de baby sitter mais avec toi – pour tes pièces, et ta culture on finit par faire n’importe quoi, n’importe comment
-Lui maintenant tu me gonfles avec tes gamins – en dehors d’eux rien n’existe – je te l’ai toujours dit, tu as une relation pathologique avec eux – tu les couves comme si ils avaient 2 ans et encore même à 2 ans , on laisse plus d’autonomie aux enfants - tu les empêches de grandir normalement- tu vas les rendre fous comme cela tu auras tout gagné – quant a la nana, c’est la fille d’un copain et elle ne se drogue pas du tout – tu racontes n’importe quoi
-Elle : alors la tu dépasses les bornes
Je me fous de tes discours de psy de merde a la noix – regarde ta pathologie a toi , mon bonhomme avant de parler de celle des autres et vas te faire soigner – maintenant débrouille toi, je suis capable de rentrer seule.

Eh taxi ……………………

Robert : Dialogue, spectacle

Posté le 05.02.2007 par clameurs
« Y en a du monde !
- Ah oui, çà c’était un spectacle grandiose
- C’était plein
- Oh oui, au moins 6000 personnes
- Tu rigoles Jules, il y en avait au moins 60 000
- Et pourquoi pas 600 000 pendant que tu y es ? Elisabeth, T’es bien comme les syndicalistes, quand ils comptent les troupes qui défilent !
- …
- Ca t’a plu ?
- Ouais, pas mal…
- C’était génial tu veux dire. La construction du bateau en 3 minutes, les rameurs, et alors quand les femmes attaquent la galère, là, j’étais vraiment impressionné !
- Ah, je te reconnais. Un spectacle de 4 heures, ils sont tous là : Jules César, Jésus, j’en passe et des meilleurs ! Et toi, qu’est ce que tu retiens ? Les femmes qui attaquent la galère. On voit des femmes 30 secondes sur un spectacle de 4 heures. Et toi, tu retiens quoi ? les femmes !
- Oui, elles étaient musclées, elles courent, elles attaquent. C’étaient vraiment des athlètes. C’était impressionnant. Et puis avec les jumelles, on les voyait bien.
- Ah les jumelles, parlons en ! Tu les avais tout le temps. Moi, j’ai rien vu.
- J’n’arrête pas de le dire depuis des semaines. Va voir l’ophtalmo…
- Tu crois qu’il va me greffer des jumelles ? Ecoute, ce spectacle il était nul. Le gars qui déclame au milieu d’un stade, tout seul, on ne voit même pas sa bouche.
- Mais non. C’était grandiose. Moi, je voyais bien sa bouche. Bon, on ne va pas se disputer. Quel est le passage que tu as préféré ?
- Ecoute, arrête un peu ! Rien, c’était nul. Le plus nul, c’était la galère et ces filles mal coiffées qui attaquent une galère ; c’est invraisemblable.
- Moi, j’ai bien aimé. Et puis à l’époque des romains, elles étaient coiffées comme çà : naturel, tout simplement.
-Ah, arrête avec ces femmes. Cette vulgarité ! Un petit bout de chair et tu ne te sens plus. Bien sûr, ce n’est pas comme çà, quand on est à la maison…
-Eh bien, habille toi comme elles.
- Cochon, obsédé !
- Aie ? çà fait mal Elisabeth. Arrête ! Tout le monde te regarde.
- T’avais qu’à prendre la voiture !
- Aie ? Aie ? Mais arrête de me donner des coups de pieds.
- Salaud, y me frappe ! Eh, arrête ! Appelez la police ! Mon mari me frappe ! Salaud ! Tu vas aller en prison ! Et là, elles ne seront pas là, tes sauvages.
-…
- T’es un gros nul !
-…
- Laissez le pas partir ! Jules, reviens !
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