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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
05.05.2008
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Maryse : Les Chaussures, suivi du Violon

Maryse : Les Chaussures, suivi du Violon

Posté le 28.08.2007 par clameurs
.
Elle déteste, la voilà embringuée, elle déteste. Bonne fille, elle a dit oui. Elle marche et ne sait plus qui lui a suggéré de mettre des chaussures et elle a regardé leurs pieds, elle voit des rangées de paires couverts de grolles jaunies, tennis rapées, méduses nacrées avec chaussettes s’il vous plaît. Ses pieds sont nus, logique pour marcher dans le sable. André Gide disait bien « j’aime que le sable des plages soit doux, je veux que mes pieds nus le sentent »
Des enfants jouent, des pareos sur la plage jettent leur touche de couleur. Le sale temps est parti. Il fait implacablement beau entre mer et ciel. La plage est immense, gardée par une falaise à chaque extrémité, des récifs les bordent. La Bretagne par grande marée pour découverte.
Des geysers se forment entre ses orteils, de sable mouillé et d’eau. Elle aime les lignes incurvées, ces rigoles que la mer descendante imprime sur le sable, au loin elle aime regarder les jeux d’eau des vagues longues et basses qui roulent et cassent en blanchissant.
Elle déteste ces minuscules coquillages acérés qui aiguillonnent sa plante des pieds, et se souvient de cet autre petit matin, la même douleur, son père l’avait emmené pêcher à la palangrote, le sable humide, épais et froid. Ils avaient entourés les hameçons de piades et attrapé des girelles bleutées, avec ces longues rayures de la tête à la queue.
Là aussi le sable s’épaissit et mord, ils marchent vite, son souffle s’accélère, cette foutue marée indice je ne sais plus, si basse !
Les filets à crevettes qu’on lui a confiés à elle, l’incapable, "si tu n’as jamais pêché tu peux porter, a dit Brigitte en gloussant".
Les mailles du havenot sont trempées d’avoir traîné et gouttent sur son dos, le manche en bois lui cogne la jambe et la heurte. Cà hurle de joie autour d’elle, ils retournent les rochers découverts et glapissent «passe-moi le filet, remue-toi».
Le vent se lève, elle frissonne ; l’automate qu’elle est devenue tend le filet et trois bouquets frétillent.



UN OBJET BENEFIQUE OU DESTRUCTEUR DANS LES MAINS D’UN PERSONNAGE

La chaleur d’avril sur les bourgeons, des feuilles légères semblables à une mousseline impalpable sur les arbres du square, ce square discret et calme qu’elle avait repéré.
Le bébé dort dans la poussette, elle ne veut pas faire l’effort de lire, tout juste fermer les yeux et sentir le soleil retrouvé,et pourtant elle regarde.
Les bosquets de buis taillés sont en quinconce, elle aperçoit un objet qui bouge sur un fond de ciel bleu, un son qui s’élève, une trille d’oiseau lui répond.
Un bruit encore qui s’apparente aux miaulements des chats en chaleur et encore la même alternance discordante.
Un chapeau noir incongru bouge au-dessus des buis et une pointe semble prolonger des branchages, quelques notes pures encore, c’est un archet.
Est-ce un type qui s’exerce avant de faire la manche, un étudiant de conservatoire,un violoniste confirmé éperdu de nature, un crétin à crin-crin ?
Les questions s’entrechoquent, d’accord pour un concert mais c’était le calme qu’elle désirait.
Intriguée, elle ne change pas de banc.
Une silhouette se découpe, sous le chapeau, un feutre impeccable à gros grain. La tête disparaît, elle n’aperçoit qu’un menton, celui d’un enfant de dix ans qui a dû piquer le chapeau de son père. Il s’est déguisé en virtuose et c’est un maestro, de dix ans, avec une écharpe blanche et longue au revers de son col de chemise, mais un pan rentré dans son jean et l’autre qui en sort. Elle sourit.
Le violon semble immense dans ses jeunes bras. Un clown de pantomime qui la fait éclater de rire. Elle voulait une suite de Bach, pas des notes laborieuses, pas un violoneux,un gamin qui doit sortir de chez lui parcequ’il fatigue sa mère et les voisins avec ses gammes de bagarre de chats.
Le jeune garçon retire son chapeau qui lui tient chaud et l’empêche de voir ,il cligne des yeux et la voit, elle, assise sur son banc, la poussette à la capote baissée, le doudou rose accroché dans les mains minuscules du bébé.
Il salue ce tableau avec une déférence inattendue de précision, il penche la tête et place son menton de façon habile et décidée sur l’embout du violon, de sa main fine entoure l’anche et effleure les cordes en oiseau volage.
Elle est prête à mettre un doigt sur ses lèvres en signe de silence, mais la grâce de l’enfant domine, quelques pizziccatti s’élèvent suivis par la plus jolie des berçeuses.
L’air n’est plus immobile, des vibrations pures lient la jeune mère et l’enfant qui joue.
Le temps s’est suspendu, étiré. Je crois que les oiseaux ont écouté et se sont tu.
Je crois que les bourgeons ont puisé leur sève pour éclore, que les feuilles de l’érable se sont ouvertes,
Le souffle du bébé est d’une régularité apaisée, un sourire subsiste sur ses lèvres.
Elle joint les paumes de ses mains et baisse la tête ; le menton touchant la perle de son cou dans un signe qu’elle voulait parfait de déférence. Il n’y eut pas d’existence autre que ce moment-là.
Il a la voix étonnamment rauque pour un jeune garçon.
« Vous avez aimé » ?
- Tu m’as fait peur avec tes miaulements de chat, mais tu m’as attrapé comme une souris. Je m’appelle Emma, voici Mathilde qui sourit en dormant,et toi ?
- César, je joue du violon, je m’amusai, pourquoi vous avez-ri après que je vous aie fait peur ?
- J’ai entendu deux musiques qui se battaient, celle d’un rossignol et celle de chats en colère, j’ai eu peur des chats et que Mathilde se réveille. Tu viens souvent jouer ici ? »
César sourit.
- Non,seulement quand j’ai le droit de sortir.
- Tu sais, j’ai aimé le rossignol.
Un moment passa et Emma lui dit en modulant le son de sa voix : »Tu dois aimer faire des blagues, tu te déguises avec un chapeau et… » Emma replace l’écharpe autour du cou tendre de César, s’étonnant elle-même de son geste amical et protecteur. « Tu fais exprès de t’habiller pour un concert ? »
- Oui, mon père est 1er violon d’un quatuor, il est en tournée.
La voix de César est plate et d’une maturité qui la surprend. Emma décide de ne poser aucune question, mais lui propose de ranger son violon et d’aller chez l’Haagen-Daas du coin de la rue.
Ils sont côte-à-côte sur le trottoir, Emma porte l’instrument dans sa boîte et roule la poussette, César à des moustaches de pépites de chocolat et ils parlent.
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:: Les commentaires des internautes

DOMMAGE
Posté par Bunny et Ronfleur le 27.09.2007
Dommage qu'on ne puisse pas laisser de commentaires sur l'article en dessous

J'ai moi meme une péniche et ce texte me plait bien
Bunny

http://ronfleur.centerblog.net/
et
http://annuairebunny.net/
Lien vers mon blog

Commentaires ???
Posté par Bunny et Ronfleur le 21.10.2007
Juste une question.
Pourquoi ne peut-on pas mettre de commentaires sur ces textes ???
Car certains sont vraiment interressants et apportent beaucoup de choses au lecteur que je suis....
Bunny
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