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Nom du blog :
clameurs
Description du blog :
atelier du samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
18.12.2006
Dernière mise à jour :
23.05.2008
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Robert : Gaspard

Robert : Gaspard

Posté le 14.03.2007 par clameurs
Extrait de « Gaspard »

Gaspard

« Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler des mouches »
Gaspard, c’est la tête de Turc du maître. Quand il est après Gaspard il nous laisse tranquille.
« Gaspard, comme tu l’aimes l’ouvrir cette bouche, viens donc réciter la leçon »
Nous, on la ferme cette bouche, notre bouche et on baisse la tête.
Gaspard, il est dans le fond de la classe et je ne le vois pas. Mais je l’imagine : Assis, la bouche ouverte, comme étonné, surpris. Dans mon esprit, il est assis la bouche ouverte, il ne respire même pas ; Les mouches viennent se poser sur le bord de sa bouche, chacune sur une dent ; Et quand il entend le maître : Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler des mouches » Alors il la ferme tout simplement ; Et les mouches s’envolent.
Oh ! Pas toutes, il doit en avaler une de temps en temps.
« Vous imaginez ? Non ! Je ne crois pas ! Car aujourd’hui il n’y a plus de mouches…


Histoire d’un enfant de 6 ans

Noël, le ciel est rouge, vraiment bizarre pour cette période de l’année. Mais Noël n’est il pas bizarre par essence : Il se passe tant de choses surprenantes et tant de gens en attendent un miracle que plus rien ne devrait plus nous sembler bizarre ce jour là.

Ce soir le père Noël va passer et le petit garçon est assis face au sapin. Il attend depuis des heures. Enfin le soleil se cache derrière l’horizon et les guirlandes se mettent à briller de tous leurs feux, clignotantes. Elles plongent de temps à autres la pièce dans une obscurité étrange.

Le petit garçon assis en tailleur regarde fixement le sapin attendant son cadeau. Au 7ième coup de minuit, voila le noir absolu. Au 12ième le père Noël est là brillant comme un Transparisi, les yeux rougeoyant
Le petit garçon est satisfait et le regarde :
« Enfin ! Tu es là !
- Tiens voila ton cadeau.
- Eh, c’est tout petit !
- Mais c’est ce que tu as exigé. N’est ce pas ?
- Oui, c’est vrai.
- Alors salut ! »
Le petit garçon attrape la boite minuscule surmontée d’un énorme ruban. Il en avait rêvé depuis si longtemps…

Précipitamment Il ouvre et plonge immédiatement sa main dans sa bouche pour ajuster la dent: La dent magique.



Il était donc une fois un petit garçon de 6 ans qui avait une dent magique.
Quand il mangeait quelque chose, au lieu de faire comme vous et moi, il l’approchait de sa dent magique. Ce petit bout de pomme ou ce morceau de pain au contact de la dent magique se transformaient immédiatement en bonbon. Un bonbon sucré, doux, merveilleux qui lui procurait un plaisir permanent dont il profitait à chaque moment, tous les jours de la semaine, toutes les semaines du mois et ceci depuis des années.
Il avait tout essayé, toute la gamme permise par cette dent miraculeuse : le Pimousse, la fraise Tagada Haribo, toute la gamme des malabars, menthe, tutti etc., les Michokos, les Kremas, les Werthers original, les Ricola, Les vichy à la menthe, à l’anis, au citron, les Michoko etc. Une liste complète serait impossible à établir et remplirai plusieurs volumes.
En fait il ne mangeait plus que çà tellement il adorait les bonbons. Avec cette dent magique il vivait le summum du bonheur pour un gourmand.

Mais attention on ne mange pas ainsi impunément des bonbons à longueur de journée…

Finalement, le petit garçon de 6 ans eu la bouche pleine de caries et il fut bien obligé d’aller voir un dentiste.



Allongé sur le dos dans le fauteuil du dentiste il ouvre la bouche. Les dents bien alignées sont noires, pourries, usées, cariées jusqu’à la gencive.
« Vos dents sont en très mauvais état. Je peux les réparer. Mais, mon petit, si je les soigne tu vas avoir mal, très mal. Mais tu as de la chance, j’ai une autre solution. Si tu me donnes ta dent magique, toutes tes dents guériront dans la minute et tu n’auras plus mal. Au contraire si je te les soignes tes affreuses dents tu vas endurer une souffrance terrible. Tu vas avoir très mal ! Alors choisis !

Le petit garçon imagine déjà le dentiste son mini marteau piqueur à la main. Il a un rire démoniaque et creuse dans la pulpe de sa dent, celle qui est en bas à droite. Le bruit est strident, sa mâchoire vibre atrocement jusqu’au moment où l’engin touche le nerf. Une douleur atroce, inimaginable et violente irradie tout son corps et le dentiste la bouche grande ouverte, les dents complètement en désordre et totalement pourries, le pus coulant en abondance de ses dents dit ricanant : C’est la première ! Passons à la suivante !
Pour boucher la dent le dentiste prépare un produit bizarre. Il est rouge comme la lave. Il va couler cette matière imprévisible dans la dent qui si elle résiste sera immanquablement transformée pour la vie faisant de sa mâchoire, la plus vilaine mâchoire de toute la classe.

Le petit garçon n’a pas envie de souffrir. Il ne veut pas endurer cette épreuve pour réparer toutes ses dents une à une. Mais il adore les bonbons. Il est triste à l’idée de ne plus pouvoir en manger. Il réfléchit longuement. Alors il demande au dentiste :
« Si je vous donne ma dent magique alors je ne pourrai plus déguster de bonbons. Donner moi quelque chose à manger pour que je puisse en profiter une dernière fois, juste une dernière fois...
- Mais oui, mon petit, tiens ! attrape le bout de pain qui est sur le bord de mon bureau !
- Mais ? Ce morceau de pain ? Ce n’est pas possible !

Au bord du bureau couvert de poussière, sur la droite du tas de dossiers jaunis par le temps qui s’apprête à tomber, au milieu d’ un désordre indescriptible, abrité sous des toiles d’araignée se trouve un morceau de pain sec et rassis qui attend ici depuis des années. Deux petits vers pointent leurs têtes et la remuent tranquillement en indiquant que l’endroit est déjà habité.
Le petit garçon s’approche. Juste derrière le morceau de pain, cachée par les toiles d’araignée et la poussière qui les recouvre se trouve un énorme arachnide velu à souhait, les longues pattes étendues, il s’étire. Il vient juste de se réveiller et se déplace lentement menaçant.

Ce morceau de pain est vraiment repoussant et le petit garçon a un haut le cœur. Il entend le dentiste qui lui répète :
« Si je te soigne les dents tu vas vraiment avoir mal, très mal. Alors choisis ! »

Le petit garçon n’a pas du tout envie d’avoir mal et il ne veut pas subir cette épreuve. Il voudrait bien goûter une dernière fois un bonbon. Il en rêve, il soupire. Enfin, il tend la main. Elle tremble. Il saisit le morceau de pain. Il le soulève et l ‘approche de sa bouche.
Le premier ver touche la dent magique et se transforme immédiatement en un petit bonbon au goût de fraise des bois fin et savoureux qu’il déguste avec un contentement extraordinaire. En touchant la patte de l’araignée, elle se transforme en un Marshmallow couvert de sucre glace parfumé à la framboise qu’il avale avec une bouffée de plaisir; une sorte d’allégresse intense parcourt tout son corps. Il dépose dans ses muscles des hormones qui le mettent dans un repos, une relaxation totale et le prépare à un sommeil réparateur peuplé de rêves merveilleux.

Le dentiste le rappelle à la réalité :
« Si je te soigne les dents tu vas vraiment avoir mal, très mal mais si tu me donnes ta dent magique les autres guériront immédiatement »
Le petit garçon comprend qu’il n’a pas le choix. D’une voix triste et affaiblie, il dit :
« Allez y. Prenez là ! »

Le petit garçon a la bouche ouverte et le dentiste une pince à la main commence à tirer sur la dent. Il tire, tire. Pour mieux l’extraire il monte sur les genoux du petit garçon et tire de toute sa force. Mais on n’arrache pas une dent magique comme çà. Elle résiste... Pendant une heure, il ‘échine et sue à grosses gouttes, tirant, poussant en grognant méchamment.

Le dentiste épuisé, déçu le regarde :
« Non, je ne pourrai pas l’arracher comme çà cette dent magique. Il va falloir utiliser des moyens plus radicaux ! »
Il ouvre une porte derrière laquelle se trouve tout un fatras de matériel de chantier.

Le petit garçon ouvre des yeux désespérés.

« Ça ne sera sûrement pas nécessaire », dit une voix forte derrière lui. Ce n’est pas le dentiste qui parle mais un homme qu’il reconnaît à ses yeux rougeoyant et à sa silhouette brillante comme un Transparisi. C’est lui qui était venu cette nuit de noël il y a plusieurs années et qui lui dit :
« Il n’y a qu’une seule solution si tu veux guérir tes dents, tu vas devoir promettre de ne plus jamais manger de bonbon. Sinon… il peut te les soigner…
- Non, c’est OK. Pas de problème, je ne mangerai plus de bonbons, jamais plus. C’est promis !
Alors, Il lui prend la dent dans la bouche sans aucun effort, la glisse dans une boite minuscule, ajuste un ruban énorme et dit :
« On ne sait jamais, çà peut encore servir… Allez souris ! Tu es guéri. Regarde toi dans la glace.
- Oh, mes dents. Elles sont blanches, belles, parfaites. Oh, merci. Mais ? Ma dent magique, elle a disparu !
- Mais tu ne devras plus manger de bonbons, sinon… » Et sur ces mots, il disparaît.

Le petit garçon ne mangera plus de bonbons. Il a compris. La dent magique a disparu, ses dents sont parfaites et n’auront jamais de carie. Mais il gardera une toute petite anomalie : les mouches, oui les mouches, elles viendront les mouches elles aimeront se poser sur ses dents.
Et il entendra longtemps:
« Gaspard, ferme la bouche, tu vas avaler les mouches. »



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